• Les saumons d’élevage, gavés aux pesticides ?

     

     

    Les saumons d'élevage, gavés aux pesticides ?On le dit bon pour le cœur, la circulation et la lutte contre certains cancers. Le saumon, paré de ses vertus en Oméga-3, cache pourtant une autre réalité. Depuis plusieurs mois, le saumon d’élevage norvégien est nourri au pesticide. C’est la seule solution qu’auraient trouvée les pisciculteurs pour lutter contre un parasite naturel. Avec de possibles effets cancérogènes pour l’Homme. Et une catastrophe environnementale avérée pour la faune aquatique. Un édifiant exemple (de plus) du sacrifice de la santé publique sur l’autel de la rentabilité économique relaté sur l’excellent site d’information Basta !

    Auteure : Sophie Chapelle

    Source : Basta !

    Les saumons d’élevage norvégiens qui finissent en filet dans les rayons réfrigérés des supermarchés avant d’atterrir dans nos assiettes sont nourris aux pesticides. Cette information, révélée en juin 2010 dans l’émission Pièces à conviction (France 3), fait l’objet d’un nouveau rapport d’une ONG norvégienne, Green Warriors. Les Français sont directement concernés puisque 80 % des saumons qu’ils consomment – près de 100 000 tonnes importées chaque année ! – viennent des fjords norvégiens. Or, c’est au cœur de ces vallées glaciaires que le saumon est victime des attaques d’un parasite naturel, le pou de mer.

    Connu depuis longtemps des biologistes, le pou de mer est un petit crustacé de 8 à 12 mm qui se nourrit de la peau, du sang et du mucus des poissons, provoquant de grosses tâches marrons sur le dos du saumon. Sa prolifération est devenue le cauchemar des propriétaires de fermes piscicoles norvégiennes. Pendant des années, les pisciculteurs ont traité les poux de mer à coups d’antibiotiques, mais cela ne fonctionne plus. Pour « épouiller leurs stocks », ils utilisent désormais du diflubenzuron, un produit chimique reconnu comme pesticide. Ils le mettent dans la nourriture avant de le déverser dans les cages où se pressent des dizaines de milliers de saumons.

    Un pesticide interdit en Europe mais autorisé en Norvège

    Dès juin 2010, cette information conduit Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, à écrire à son homologue norvégienne : « Cette substance ne dispose pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) communautaire ou française en tant que médicament vétérinaire. Elle est réservée au traitement phytopharmaceutique de certaines espèces végétales et à la désinsectisation des bâtiments d’élevage ». Et de conclure : « Pour ces raisons, son administration aux poissons destinés à la consommation humaine n’est pas autorisée » [1]. Le saumon norvégien traité au diflubenzuron ne devrait donc pas arriver dans les assiettes des consommateurs français.

    Invitée à expliquer les conditions d’emploi de ce pesticide, la Ministre norvégienne ne tarde pas à répondre. Dans un courrier du 23 juin 2010, Lisbeth Berg-Hansen dénonce des « informations fallacieuses » [2]. Car si elle reconnaît l’utilisation de cette substance chimique dans les élevages norvégiens, elle assure qu’elle « est soumise à un strict contrôle vétérinaire » et que le pesticide a obtenu une autorisation nationale de mise sur le marché comme produits vétérinaires. Se voulant rassurante, elle précise qu’un délai de 100 jours est respecté entre l’administration du produit et la commercialisation. De quoi éviter le dépassement des limites maximales de résidus de pesticides [3] dans la chair animale, assure-t-elle.

    Toxique pour les poissons, cancérogène pour les humains

    Faut-il, comme Bruno le Maire, se contenter de cette explication en assurant que « l’ensemble des conditions de sécurité » sont réunies (voir sa réponse) ? L’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) a clairement établi en 2009 que le diflubenzuron est « hautement toxique pour les organismes aquatiques » [4]. L’Agence de protection de l’environnement des Etats-Unis (EPA) confirme cette toxicité « pour les invertébrés aquatiques d’eau douce et les mollusques marins » [5], affectant leur reproduction et leur croissance. Le mode d’emploi du diflubenzuron stipule précisément que ce pesticide est « dangereux pour l’environnement » et « très toxique pour les poissons ». Rien n’y fait : en Norvège, on continue d’en gaver les saumons.

    Le rapport de l’ONG Green Warriors fait mention d’une autre étude de l’EPA. Elle montre que lorsqu’un mammifère ingère du diflubenzuron, une nouvelle substance (dite « 4-chloroaniline » ou « PCA ») peut se former dans leur intestin et leur estomac. Or, comme l’indique l’Agence américaine mais aussi l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), la PCA comporte des effets cancérogènes pour l’homme et constitue un possible perturbateur endocrinien [6]. Le diflubenzuron ne serait donc pas cancérigène en lui-même mais peut en revanche devenir, lorsqu’il est ingéré, une substance cancérigène. Cette substance serait également « très toxique par inhalation, ingestion ou pénétration par la peau », ajoute l’Université d’Oxford.

    Un marché de 5,3 milliards d’euros...

    Ce que craint l’ONG Green Warriors, c’est que ce pesticide contamine les espèces sauvages. « Environ 90 % du diflubenzuron ingéré par les poissons s’échappe par les matières fécales », mentionne leur rapport. Or, ces substances sont emportées par les courants du fjord et se répandent dans l’environnement, en adhérant fortement aux sédiments et matières organiques. D’après Green Warriors, les pesticides sont diffusées dans un rayon de 5 km depuis les fermes d’élevage. On s’aperçoit dans l’émission de France 3, que seul le saumon y survit, à la différence de toutes les autres espèces marines proches des bassins d’élevages. « Le traitement peut être désastreux pour tous les crustacés le long des côtes, y compris pour les crevettes, crabes, homards et langoustes », précise l’ONG.

    Malgré les impacts sanitaires et environnementaux du traitement au diflubenzuron des saumons d’élevage, les autorités norvégiennes poursuivent leur campagne de communication autour du saumon. Il faut dire que cette production, estimée à 1,4 millions de tonnes, constitue un marché mondial juteux pour la Norvège : 5,3 milliards d’euros. Et le monde politique a aussi ses intérêts dans cette production. La ministre de l’Agriculture Lisbeth Berg-Hansen défraie la chronique depuis plusieurs mois du fait de son implication dans l’entreprise familiale de salmoniculture. Ce type de conflits d’intérêts pourraient expliquer la pression menée sur les autorités sanitaires pour permettre l’autorisation du diflubenzuron en Norvège. Les menaces sur la santé publique pèsent décidément bien peu dans la course infernale au profit.

    Green Warriors exige le passage des fermes piscicoles à des systèmes de confinement, ce qui résoudrait en grande partie la contamination de l’environnement, le problème des poux de mer, et supprimerait la nécessité de recourir aux pesticides. Des normes et des contrôles plus stricts concernant l’utilisant de produits chimiques dans les fermes piscicoles sont également demandés. En juin 2010, Monica Frassoni, co-présidente du groupe des Verts au Parlement européen, a suggéré un boycott du saumon d’élevage norvégien si les pratiques d’élevage n’évoluaient pas. Quelques mois après voir formulé cette menace, un autre pesticide, le teflubenzuron [7], est venu s’ajouter à la nourriture du saumon...



     

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  • Bio Cohérence l'autre bio

     En 2011, un nouveau logo arrivera sur les étalages et dans les rayonnages : un point vert estampillé Bio Cohérence. Ce nouvel écolabel se veut plus bio que bio en allant plus loin dans la logique de l’agriculture biologique que ne le propose le label bio européen. Ce nouveau label risque pourtant de perdre un peu plus les consommateurs dans la jungle des logos…

    Au risque d’ajouter à la confusion des consommateurs, la filière de l’agriculture biologique a décidé de créer ce nouveau label pour promouvoir des produits bio qui vont plus loin que les exigences du label bio actuel. En effet, par souci d’harmoniser la production agricole biologique et de faciliter le commerce de ses produits, l’Union européenne a refondu le cahier des charges du label bio et abandonné les réglementations nationales spécifiques. Par ailleurs, elle s’est dotée d’un nouveau logo pour l’écolabel européen qui deviendra obligatoire au premier juillet 2010.

    Désormais, le cahier des charges du label bio français (AB) et celui européen, de même que ceux des autres états membres sont identiques. Le regret de la filière biologique française est que ce cahier des charges est moins exigeant que celui de l’ancien label AB. Rassemblés au sein de l’association Alternative Bio 2009, les acteurs de cette filière ont donc décidé de créer un nouveau label, sous la forme d’une marque privée : Bio Cohérence.

    La logique de Bio Cohérence
    Cliquer pour agrandir. Le cahier des charges de la marque Bio Cohérence reprend les exigences du label bio européen (1) auquel il ajoute des spécificités plus rigoureuses (2) et une démarche de valeurs et d’amélioration continue (3). © Alternative Bio 2009

    Ce label, qui sera lancé en 2011, reprend le cahier des charges de l’écolabel européen comme base et le complète avec les mesures abandonnées du label AB en allant plus loin. Par exemple, il impose une absence totale d’OGMquand le label AB en tolérait 0,1% et celui de l’UE 0,9%. De même, les produits transformés estampillés Bio Cohérence devront contenir 100% de produits bio, contre 95% pour les cahiers des charges AB et européen. Au titre des autres exigences, on peut citer une réduction des produits vétérinaires ou encore l’obligation aux exploitations d’être 100% bio.

    Trop de labels tuent le label ?

    Plus encore, ce label intègre une démarche de cohérence et d’amélioration continue grâce à l’établissement d’une charte, qui reprend les grands principes de l’agriculture biologique, et de la pratique d’un autodiagnostic. Cediagnostic permettra aux acteurs de la filière de faire le point sur leurs pratiques et favorisera l’amélioration écologique, sociale et économique du label et de la filière.

    Pour garantir du sérieux de ce nouveau label, son obtention sera contrôlée par cinq organismes certificateurs accrédités (Qualité France, Ecocert, Certipaq…) et attribué par un comité interne de l'association Bio Cohérence (qui succédera à Alternative Bio 2009). Pourtant, si la démarche vers davantage d’exigences environnementales est louable, elle risque de participer encore plus à la confusion des consommateurs qui voient fleurir florilège de labels, d’allégations environnementales plus ou moins sérieuses et de mentions obligatoires.

    Or 65% des Français considèrent déjà qu’il y a trop de labels pour les produits durables selon l’étude Institut Médiascopie / Ethicity 2010. Et voilà qu’un nouveau logo européen, un nouveau label bio et bientôt peut-être un étiquetage carbone débarquent sur les paquets d’emballages… Tout ceci ne facilitera pas vraiment les achats des consommateurs dans un premier temps, ce qu’espérait pourtant la Commission européenne en harmonisant les logos bio. Pire, cela pourrait profiter au greenwashing, cette pratique qui consiste à utiliser de faux arguments verts pour vendre des produits qui ne le sont pas.

     

     

     

     

     


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