• Semaine bio 2012

     Pour son développement, le bio mise sur la confiance

    Le bio ne connaît pas la crise !  Le secteur représente plus de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit une augmentation annuelle d’environ 20%, basée essentiellement sur l’engouement des consommateurs et sur la demande d’une gamme de plus en plus variée de produits bio. Mais si l’augmentation de la consommation des produits bio est une opportunité pour l’ensemble de la filière, ce succès peut aussi initier des voies de solutions aux multiples enjeux sociétaux auxquels notre agriculture et notre modèle alimentaire doivent faire face. A l’échelle mondiale, il s’agit notamment des enjeux climatiques, de la restauration de l’environnement, de la biodiversité et de la fertilité des sols. Au niveau social, les déséquilibres entre coûts de production et prix de vente, accentués par les difficultés d’accès à la terre, ont
    pour conséquence l’abandon de l’activité par un grand nombre de petits agriculteurs.

    A l’échelle régionale, notre agriculture est aussi à la croisée des chemins et est amenée à se positionner sur le plan social (une perte de 1000 emplois/an en agriculture depuis 20 ans), économique (les exploitations les plus petites et donc les moins rentables disparaissent progressivement) et environnemental.

    Résumer le bio à un simple marché de niche est beaucoup trop réducteur. Par sa spécificité et sa logique, l’agriculture biologique est au cœur même des objectifs du développement durable. A ce titre, elle se positionne comme modèle agricole crédible pour tous les agriculteurs qui veulent maintenir une activité et un(des) emploi(s) sur l’exploitation tout en faisant évoluer le
    mode de production vers un équilibre sol- plante-animal. Elle doit gagner la confiance de tout le secteur agricole qui doit y voir, non pas une concurrence envers l’agriculture conventionnelle, mais un système crédible et un choix d’avenir.

    L’agriculture biologique cherche aussi à maintenir la confiance des consommateurs et des citoyens qui choisissent des produits bio, soucieux d’une alimentation saine, en maintenant un niveau d’exigence très élevé en termes de production, de produits et de contrôle.

    Les pionniers du secteur bio avaient déjà bien compris que la confiance en leur projet était capitale pour assurer la pérennité du système. Cette confiance est édifiée sur le respect de valeurs fondamentales : des pratiques culturales durables, le respect des générations futures, des produits sains et des revenus équitables sont au cœur du bio. Par ailleurs, le bio s’appuie sur la
    réglementation européenne et répond à un cahier des charges strict fixant les règles de production et de conversion. Enfin les règles de contrôle et de certification, l’indépendance et la transparence des organismes de contrôle et de certification sont garantes du mode de production et de la qualité des produits bio. Aujourd’hui tout le secteur bio se donne pour objectif de transmettre les valeurs et le savoir-faire aux acteurs qui le rejoignent.

    On produit bio à l’échelle mondiale. Les pratiques agricoles et culturales varient nécessairement d’un pays à l’autre. Mais elles ont au moins un socle commun, celui des normes de production, de contrôle et de certification édictées par une réglementation officielle. Ceci signifie que tout produit bio mis sur le marché chez nous, y compris de provenance extra-européenne, doit respecter les règles et est soumis aux contrôles. L’achat à l’étranger de produits bio est lié
    notamment à la demande plus importante que la production. Paradoxalement, on importe des produits que l’on peut cultiver ou élever dans notre région sous notre climat. Le secteur bio, pour assurer sa crédibilité et maintenir la confiance que lui accorde la société, ne peut souffrir trop longtemps des incohérences existant sur le plan environnemental (quelle est la plus-value
    écologique d’un produit bio qui parcourt 6000 km ?), sur le plan économique (pourquoi la plus-value ne profite-t-elle pas aux agriculteurs et à des entreprises de la région) et sur le plan social (on reproche souvent aux produits bio d’être trop coûteux alors que les produits bio, locaux, de saison et vendus en circuits courts ne sont pas nécessairement plus chers que des produits conventionnels). Parce que le bio est bien plus qu’un produit « bon pour la santé ».

    Le nombre d’agriculteurs bio en Wallonie est en croissance  Une chance pour les citoyens-consommateurs qui peuvent trouver, à proximité de chez eux (à la ferme, sur des marchés locaux, dans des groupements d’achats collectifs ou solidaires - les GAC ou GAS-, chez les détaillants spécialisés…), des produits locaux, frais, sains, savoureux et de saison.

    Tout autant que la perspective économique qui permet d’assurer l’existence et la pérennité d’une ferme et du secteur bio dans son ensemble, les agriculteurs et, en même temps, l’ensemble de la société peuvent y trouver un intérêt mobilisateur : celui d’offrir la possibilité de tisser un lien fort entre agriculture de proximité et une alimentation durable, gage de confiance
    et de cohérence dans la logique du développement durable

     

     

    http://www.semainebio.be

     

     

     

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