• Le jus de pomme de terre crue pour une bonne digestion

     

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    Le jus de pomme de terre crue pour une bonne digestion

    Parmi les nombreux aliments consommés crus, la pomme de terre est sans doute le plus méconnu. Pourtant, les bienfaits du jus de pomme de terre crue ne sont plus à prouver.

    La pomme de terre est un aliment riche, quasiment dépourvu de lipides. Constituée de plus de 75 % d’eau, 22 % de protides, de vitamines et nutriments, c’est un produit nourrissant et sain, qui contribue à nous fournir les minéraux nécessaires à notre corps.

    Consommée crue et en jus, elle a une action diurétique, émolliente, calmante et cicatrisante.

    Cela fait du jus de pomme de terre crue une arme redoutable contre les gastrites, les ulcères, la constipation, les hémorroïdes, l’acidité gastrique, les brûlures d’estomac

    La plupart des maux d’estomac peuvent être traités grâce au jus de pomme de terre. Avec un petit verre deux à trois fois par jour, votre trouble digestif diminuera de manière flagrante.

    Certaines recettes mélangent le jus de patate crue à celui d’autres légumes pour compléter les effets, comme le chou par exemple. .

    Le jus cru de pomme de terre vous fera oublier vos douleurs au ventre et autres troubles à condition d’avoir une alimentation saine adaptée à vos besoins.Biotta  Jus de pommes de terre bio  50 cl

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  • Le plantain

    Le plantain

     

    Considéré jusqu’au début du XXème siècle, comme une plante médicinale majeure, le plantain est aujourd’hui passée de mode. Pourtant, cette fleur très commune mériterait qu’on s’intéresse de nouveau à elle ! Car elle est aussi efficace pour calmer la toux ou stopper une grippe que pour lutter contre la constipation.

    le plantain, une plante médicinale majeure pour la toux et la grippeCette modeste plante que l’on trouve dans les pelouses ou les prairies, guérit de nombreuses affections. Le plantain se caractérise par une hampe florale (de 10 à 50 cm) sortant d'un bouquet de feuilles épaisses, avec de grosses nervures qui partent de la base. Le grand plantain (Plantago major) a des feuilles larges et des fleurs allongées. Le plantain lancéolé (ou petit plantain ou herbe à cinq coutures) a des feuilles allongées (en forme de lance) et des petites fleurs au bout des tiges. Quant au plantain moyen (ou langue d'agneau), il possède des feuilles plutôt rondes et des fleurs crème à étamines violettes alors que leurs cousines sont verdâtres ou brunâtres et inodores.


    Des études scientifiques convaincantes

    Les constituants du plantain (pectine, aucubine, ampigénine, flavonoïdes, tanins, soufre, calcium, fer, phosphore, mucilage...) en font une plante aux très nombreuses indications, utilisable aussi bien en interne qu'en externe. Pour les amateurs de chimie pharmacologique, précisons que l'aucubine accélère l'élimination par les reins et possède des propriétés antimicrobiennes ; l'ampigénine est un anti-inflammatoire et les mucilages freinent l'appétit et activent le transit intestinal... Le plantain est aussi concentré en vitamines du groupe B (B1, B2 et PP) et en vitamine A. Plusieurs études scientifiques ont confirmé les bienfaits du plantain. Ainsi en 1980, des médecins allemands avaient administré pendant 10 jours une préparation à base de plantain à 593 personnes souffrant d’infections respiratoires aiguës : leurs symptômes — et notamment la toux — avaient significativement diminué.


    Pas de contre-indication

    Il n’existe pas d’effets secondaires liés au plantain qu’il soit pris seul ou avec un médicament. Toutefois, par prudence, on le déconseille aux femmes enceintes car il pourrait avoir un effet stimulant sur l'utérus. Seul effet indésirable, à haute dose, le plantain peut être un laxatif mal contrôlé.


    De bronchite à ulcère en passant par surpoids !

    La première indication du plantain concerne les inflammations des voies respiratoires, des muqueuses de la bouche et du pharynx. Mais, en interne, le plantain est aussi utile pour lutter contre l’eczéma, les infections des voies urinaires, les hémorroïdes et la constipation. En externe, on l’utilise pour stopper les saignements, cicatriser les blessures, soulager les piqûres et les rhumatismes. C’est un excellent collyre pour défatiguer les yeux et lutter contre l'inflammation des paupières et la conjonctivite.

    ... Et comme si tant d'indications ne suffisaient pas, le plantain est aussi prescrit pour lutter contre le saignement des voies urinaires, l'ulcère gastro-duodénal et la consolidation des fractures !
    Enfin, il serait sans doute intéressant de voir comment le plantain agit dans le cadre d'un régime amincissant puisque, d'une part, il régule l'appétit et le transit intestinal et que, d'autre part, diurétique et circulatoire, il facilite toutes les fonctions éliminatrices de l'organisme.


     

    Le plantain à toutes les sauces !

    plantain préparation en plante médicinale contre la toux, la bronchite...On conseille l'utilisation de feuilles et fleurs fraîches, ce qui n'est pas compliqué puisque le plantain se récolte 10 mois sur 12. Mais il est, bien sûr, préférable de cueillir le plantain à la floraison, au printemps et loin de toute pollution (ce qui est rarement le cas dans les pelouses !). Les feuilles doivent être soigneusement lavées. Pour les sécher, on les place au soleil ou dans un four chaud.

    • salade : préférez les jeunes feuilles que vous ajouterez à votre laitue ou à vos endives. Le goût est légèrement amer, avec un petit parfum de champignon.
    • légume : il suffit de cuire les feuilles et de les utiliser en soupe (comme pour les orties).
    • infusion : laisser infuser 10 minutes, 1,5 g de parties aériennes pour 1 litre d’eau frémissante (2 à 4 tasses par jour). Pour la toux, les bronchites et la constipation.
    • décoction : à utiliser en gargarisme ou lotion. 10 à 20 g de plante entière (feuilles, fleurs et même racines) dans 1 litre d'eau, laissez bouillir 10 minutes. 1 tasse à chaque repas.
    • macération : pour les problèmes digestifs ou urinaires. 30 à 60 g dans 1 litre d'eau. Faites bouillir 3 minutes et laissez macérer toute la nuit. Buvez toute la macération dans les 24 heures.

  • Le droit de planter et cultiver librement bientôt interdit ?

     
    semences paysannes forum de la biodiversité par ONIRISTV

    AGRICULTURE

    Le droit de planter et cultiver librement bientôt interdit ?

    PAR SOPHIE CHAPELLE (24 NOVEMBRE 2011)

    Les industries et multinationales semencières veulent rendre les paysans captifs… grâce à la loi. Les députés doivent examiner le 28 novembre un texte instaurant une « contribution volontaire obligatoire » : une véritable dîme sur les semences. Ressemer librement sa propre récolte ou échanger des variétés de plantes deviendra illégal. Soucieux de préserver l’autonomie alimentaire, des paysans et des citoyens entrent en résistance.

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    Demain, graines et semences ne seront peut-être plus libres. Des agriculteurs s’inquiètent d’une proposition de loi votée par les sénateurs le 8 juillet dernier (et que l’Assemblée nationale vient de voter le 28 novembre), et déjà appliquée par décret aux productions de blé tendre. S’ils veulent conserver une partie de leur récolte pour la ressemer l’année suivante (quoi de plus naturel ?), les producteurs de blé tendre doivent payer une redevance appelée « Contribution volontaire obligatoire » (sic). « L’enjeu de cette nouvelle proposition de loi est d’étendre ce mécanisme à tous les paysans, alerte Guy Kastler, du Réseau semences paysannesChaque fois qu’on cultivera un hectare, ils prendront un peu d’argent de nos poches pour payer les détenteurs de propriété intellectuelle. » La loi prévoit de considérer la reproduction de semences à la ferme, sans payer cette dîme moderne à leurs « propriétaires », comme une contrefaçon [1]. La récolte pourra alors être saisie.

    Qui sont ces propriétaires de semences à qui la « contribution volontaire » sera reversée ? Depuis 1949, toute variété de semence mise sur le marché doit obligatoirement être inscrite sur le catalogue géré par l’Office communautaire des variétés végétales (OCVV), dont le siège est à Angers  [2]. Cet office accorde un droit de propriété intellectuelle, d’une durée de 25 à 30 ans, à « l’obtenteur », celui qui a sélectionné cette variété. Les principaux détenteurs de ces « certificats d’obtention végétale » [3] ne sont autres que les grandes multinationales semencières : Bayer, Limagrain, Monsanto, Pioneer, Vilmorin ou Syngenta. Tous réunis au sein de l’Union française des semenciers, qui aurait fortement appuyé le projet de loi.

    Rendre les paysans captifs

    « Le fait que l’obtenteur soit rétribué pour son travail de recherche ne nous pose pas de problème, explique Jean-Pierre Lebrun, un maraîcher biologique à la retraite. En revanche, nous sommes opposés à ce que ces obtenteurs récupèrent des taxes sur le travail de sélection que nous menons dans nos fermes. » Avec d’autres paysans et des consommateurs soucieux de préserver l’autonomie alimentaire, Jean-Pierre a fait le déplacement à Angers ce 19 novembre pour « débaptiser » l’OCVV, renommé « Office communautaire de la confiscation des semences ». Un geste symbolique qui en dit long sur les menaces pesant sur l’avenir de notre alimentation.

    Yves Manguy, agriculteur à la retraite, connaît bien les semences de ferme, ces graines récoltées à partir de variétés sélectionnées par l’industrie semencière, mais multipliées par l’agriculteur lui-même par souci d’économie et d’indépendance. Pour cet ancien porte-parole de la Coordination nationale pour la défense des semences fermières (CNDSF), l’objectif des firmes semencières est clair : « Elles veulent instaurer un marché captif, que les agriculteurs achètent leurs semences et qu’ils n’en fassent plus chez eux. La loi en préparation consiste non pas à interdire complètement mais à restreindre un maximum le droit des semences à la ferme. » Le texte propose ainsi d’autoriser la semence de ferme pour seulement 21 espèces – en échange du paiement de la Contribution volontaire obligatoire – et d’interdire cette pratique pour toutes les autres espèces.

    « Ce n’est pas la recherche qu’ils veulent rémunérer mais les actionnaires »

    Pourquoi cette redevance ? Officiellement, pour financer la recherche. Actuellement, 85 % des sommes récoltées par la Contribution volontaire obligatoire sont reversées directement aux obtenteurs, et 15 % servent à alimenter le Fonds de soutien à l’obtention végétale en blé tendre« Les objectifs de sécurité et de qualité alimentaire doivent être définis par le public, et non par les seules recherches de profits des entreprises semencières privées », argue la Confédération paysanne. D’après le syndicat, l’application de la proposition de loi entraînerait un prélèvement supplémentaire sur le revenu des agriculteurs français estimé à 35 millions d’euros. « La recherche doit être financée aussi par le public et non par les seuls agriculteurs. Il convient de mettre en place un mécanisme de financement public de la recherche », estime la Confédération paysanne. Le syndicat suspecte l’Union française des semenciers de vouloir d’ailleurs tripler la redevance (environ 3,50 euros par hectare aujourd’hui).

    Des carottes illégales et des choux clandestins

    Non loin de l’Office communautaire des variétés végétales, sur la place du Pilori, dans une rue piétonne d’Angers, se déroulent les rencontres des semences paysannes et fermières d’Anjou. Ici, des artisans semenciers partagent une même passion, celle de la sélection, de la conservation, de la multiplication et de l’échange des semences. François Delmond est membre de l’association Les Croqueurs de carottes, qui sauvegarde les variétés potagères traditionnelles menacées de disparition. Sur le stand, plusieurs variétés de carottes et de choux rouges sont proposées à la dégustation. Les réactions varient du« surprenante, celle-là » au « celle-ci a un goût de noisette très fort, vous ne trouvez pas ? ». Pour François, ces dégustations sont l’occasion de montrer l’impact des choix variétaux sur la qualité gustative.

    « Ce que vous mangez est une variété de carotte illégale car elle a été radiée du catalogue, elle ne respectait pas les critères », explique François à une passante. Entre 1954 (date d’existence du premier catalogue des variétés de plantes potagères) et 2002, 80 % des variétés ont été radiées du catalogue, à cause d’une réglementation de plus en plus contraignante. « Ce que nous voulons, c’est la liberté de faire notre travail en âme et conscience, la liberté du jardinier de semer la variété qu’il veut et la liberté du consommateur d’accéder à des aliments différents. » Une liberté qui contribue à l’augmentation et à la conservation de la biodiversité cultivée, à la réduction de l’utilisation des pesticides ainsi qu’à l’essor de variétés adaptées à leurs terroirs et aux variations climatiques.

    Rébellion contre la dîme des multinationales

    Une campagne pour une loi de reconnaissance positive des droits des agriculteurs et des jardiniers sur les semences vient d’être lancée par plusieurs organisations. « Les droits des agriculteurs de conserver, ressemer, échanger et vendre leurs semences, les protéger de la biopiraterie et des contaminations par les OGM brevetés, et de participer aux décisions nationales concernant la biodiversité cultivée sont reconnus par le Traité international sur les semences approuvé en 2005 par le Parlement français », rappelle Anne-Charlotte Moÿ, en charge des questions juridiques au Réseau semences paysannes. Or, une succession de règlements européens et de lois nationales conduisent progressivement à leur interdiction totale.

    La proposition de loi relative aux certificats d’obtention végétale doit être débattue le 28 novembre à l’Assemblée nationale. Il est encore possible de participer à la cyberaction, qui a déjà recueilli plus de 14 000 signatures, et unrassemblement est prévu devant l’Assemblée. « Il nous faut rester mobilisés, avertit Guy Kastler, afin de ne pas abandonner l’alimentation à quelques firmes multinationales. » Il y a trois siècles, les paysans versaient la dîme ou étaient contraints à des corvées au profit du seigneur local, propriétaire des terres... Aujourd’hui, cette domination s’est déplacée vers les semences.

    Sophie Chapelle

    Notes

    [1] Lire à ce sujet Comment les semenciers tentent d’asservir l’agriculture paysanne.

    [2] Pour être inscrites, les variétés doivent répondre à trois critères : la distinction (la variété doit être nettement distincte de toute autre variété notoirement connue) ; l’homogénéité (la variété est suffisamment uniforme dans ses caractères pertinents) ; la stabilité (la variété reste conforme à la définition de ses caractères essentiels après avoir été reproduite ou multipliée).

    [3] En Europe, on utilise le terme de « certificat d’obtention végétale », qui protège une variété. Son équivalent outre-Atlantique est le brevet, qui protège l’information génétique contenue dans une même variété. Du coup, il arrive qu’une plante fasse l’objet d’un double droit de propriété intellectuelle...

  • Les saumons d’élevage, gavés aux pesticides ?

     

     

    Les saumons d'élevage, gavés aux pesticides ?On le dit bon pour le cœur, la circulation et la lutte contre certains cancers. Le saumon, paré de ses vertus en Oméga-3, cache pourtant une autre réalité. Depuis plusieurs mois, le saumon d’élevage norvégien est nourri au pesticide. C’est la seule solution qu’auraient trouvée les pisciculteurs pour lutter contre un parasite naturel. Avec de possibles effets cancérogènes pour l’Homme. Et une catastrophe environnementale avérée pour la faune aquatique. Un édifiant exemple (de plus) du sacrifice de la santé publique sur l’autel de la rentabilité économique relaté sur l’excellent site d’information Basta !

    Auteure : Sophie Chapelle

    Source : Basta !

    Les saumons d’élevage norvégiens qui finissent en filet dans les rayons réfrigérés des supermarchés avant d’atterrir dans nos assiettes sont nourris aux pesticides. Cette information, révélée en juin 2010 dans l’émission Pièces à conviction (France 3), fait l’objet d’un nouveau rapport d’une ONG norvégienne, Green Warriors. Les Français sont directement concernés puisque 80 % des saumons qu’ils consomment – près de 100 000 tonnes importées chaque année ! – viennent des fjords norvégiens. Or, c’est au cœur de ces vallées glaciaires que le saumon est victime des attaques d’un parasite naturel, le pou de mer.

    Connu depuis longtemps des biologistes, le pou de mer est un petit crustacé de 8 à 12 mm qui se nourrit de la peau, du sang et du mucus des poissons, provoquant de grosses tâches marrons sur le dos du saumon. Sa prolifération est devenue le cauchemar des propriétaires de fermes piscicoles norvégiennes. Pendant des années, les pisciculteurs ont traité les poux de mer à coups d’antibiotiques, mais cela ne fonctionne plus. Pour « épouiller leurs stocks », ils utilisent désormais du diflubenzuron, un produit chimique reconnu comme pesticide. Ils le mettent dans la nourriture avant de le déverser dans les cages où se pressent des dizaines de milliers de saumons.

    Un pesticide interdit en Europe mais autorisé en Norvège

    Dès juin 2010, cette information conduit Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, à écrire à son homologue norvégienne : « Cette substance ne dispose pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) communautaire ou française en tant que médicament vétérinaire. Elle est réservée au traitement phytopharmaceutique de certaines espèces végétales et à la désinsectisation des bâtiments d’élevage ». Et de conclure : « Pour ces raisons, son administration aux poissons destinés à la consommation humaine n’est pas autorisée » [1]. Le saumon norvégien traité au diflubenzuron ne devrait donc pas arriver dans les assiettes des consommateurs français.

    Invitée à expliquer les conditions d’emploi de ce pesticide, la Ministre norvégienne ne tarde pas à répondre. Dans un courrier du 23 juin 2010, Lisbeth Berg-Hansen dénonce des « informations fallacieuses » [2]. Car si elle reconnaît l’utilisation de cette substance chimique dans les élevages norvégiens, elle assure qu’elle « est soumise à un strict contrôle vétérinaire » et que le pesticide a obtenu une autorisation nationale de mise sur le marché comme produits vétérinaires. Se voulant rassurante, elle précise qu’un délai de 100 jours est respecté entre l’administration du produit et la commercialisation. De quoi éviter le dépassement des limites maximales de résidus de pesticides [3] dans la chair animale, assure-t-elle.

    Toxique pour les poissons, cancérogène pour les humains

    Faut-il, comme Bruno le Maire, se contenter de cette explication en assurant que « l’ensemble des conditions de sécurité » sont réunies (voir sa réponse) ? L’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) a clairement établi en 2009 que le diflubenzuron est « hautement toxique pour les organismes aquatiques » [4]. L’Agence de protection de l’environnement des Etats-Unis (EPA) confirme cette toxicité « pour les invertébrés aquatiques d’eau douce et les mollusques marins » [5], affectant leur reproduction et leur croissance. Le mode d’emploi du diflubenzuron stipule précisément que ce pesticide est « dangereux pour l’environnement » et « très toxique pour les poissons ». Rien n’y fait : en Norvège, on continue d’en gaver les saumons.

    Le rapport de l’ONG Green Warriors fait mention d’une autre étude de l’EPA. Elle montre que lorsqu’un mammifère ingère du diflubenzuron, une nouvelle substance (dite « 4-chloroaniline » ou « PCA ») peut se former dans leur intestin et leur estomac. Or, comme l’indique l’Agence américaine mais aussi l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), la PCA comporte des effets cancérogènes pour l’homme et constitue un possible perturbateur endocrinien [6]. Le diflubenzuron ne serait donc pas cancérigène en lui-même mais peut en revanche devenir, lorsqu’il est ingéré, une substance cancérigène. Cette substance serait également « très toxique par inhalation, ingestion ou pénétration par la peau », ajoute l’Université d’Oxford.

    Un marché de 5,3 milliards d’euros...

    Ce que craint l’ONG Green Warriors, c’est que ce pesticide contamine les espèces sauvages. « Environ 90 % du diflubenzuron ingéré par les poissons s’échappe par les matières fécales », mentionne leur rapport. Or, ces substances sont emportées par les courants du fjord et se répandent dans l’environnement, en adhérant fortement aux sédiments et matières organiques. D’après Green Warriors, les pesticides sont diffusées dans un rayon de 5 km depuis les fermes d’élevage. On s’aperçoit dans l’émission de France 3, que seul le saumon y survit, à la différence de toutes les autres espèces marines proches des bassins d’élevages. « Le traitement peut être désastreux pour tous les crustacés le long des côtes, y compris pour les crevettes, crabes, homards et langoustes », précise l’ONG.

    Malgré les impacts sanitaires et environnementaux du traitement au diflubenzuron des saumons d’élevage, les autorités norvégiennes poursuivent leur campagne de communication autour du saumon. Il faut dire que cette production, estimée à 1,4 millions de tonnes, constitue un marché mondial juteux pour la Norvège : 5,3 milliards d’euros. Et le monde politique a aussi ses intérêts dans cette production. La ministre de l’Agriculture Lisbeth Berg-Hansen défraie la chronique depuis plusieurs mois du fait de son implication dans l’entreprise familiale de salmoniculture. Ce type de conflits d’intérêts pourraient expliquer la pression menée sur les autorités sanitaires pour permettre l’autorisation du diflubenzuron en Norvège. Les menaces sur la santé publique pèsent décidément bien peu dans la course infernale au profit.

    Green Warriors exige le passage des fermes piscicoles à des systèmes de confinement, ce qui résoudrait en grande partie la contamination de l’environnement, le problème des poux de mer, et supprimerait la nécessité de recourir aux pesticides. Des normes et des contrôles plus stricts concernant l’utilisant de produits chimiques dans les fermes piscicoles sont également demandés. En juin 2010, Monica Frassoni, co-présidente du groupe des Verts au Parlement européen, a suggéré un boycott du saumon d’élevage norvégien si les pratiques d’élevage n’évoluaient pas. Quelques mois après voir formulé cette menace, un autre pesticide, le teflubenzuron [7], est venu s’ajouter à la nourriture du saumon...



     

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  • Bio Cohérence l'autre bio

     En 2011, un nouveau logo arrivera sur les étalages et dans les rayonnages : un point vert estampillé Bio Cohérence. Ce nouvel écolabel se veut plus bio que bio en allant plus loin dans la logique de l’agriculture biologique que ne le propose le label bio européen. Ce nouveau label risque pourtant de perdre un peu plus les consommateurs dans la jungle des logos…

    Au risque d’ajouter à la confusion des consommateurs, la filière de l’agriculture biologique a décidé de créer ce nouveau label pour promouvoir des produits bio qui vont plus loin que les exigences du label bio actuel. En effet, par souci d’harmoniser la production agricole biologique et de faciliter le commerce de ses produits, l’Union européenne a refondu le cahier des charges du label bio et abandonné les réglementations nationales spécifiques. Par ailleurs, elle s’est dotée d’un nouveau logo pour l’écolabel européen qui deviendra obligatoire au premier juillet 2010.

    Désormais, le cahier des charges du label bio français (AB) et celui européen, de même que ceux des autres états membres sont identiques. Le regret de la filière biologique française est que ce cahier des charges est moins exigeant que celui de l’ancien label AB. Rassemblés au sein de l’association Alternative Bio 2009, les acteurs de cette filière ont donc décidé de créer un nouveau label, sous la forme d’une marque privée : Bio Cohérence.

    La logique de Bio Cohérence
    Cliquer pour agrandir. Le cahier des charges de la marque Bio Cohérence reprend les exigences du label bio européen (1) auquel il ajoute des spécificités plus rigoureuses (2) et une démarche de valeurs et d’amélioration continue (3). © Alternative Bio 2009

    Ce label, qui sera lancé en 2011, reprend le cahier des charges de l’écolabel européen comme base et le complète avec les mesures abandonnées du label AB en allant plus loin. Par exemple, il impose une absence totale d’OGMquand le label AB en tolérait 0,1% et celui de l’UE 0,9%. De même, les produits transformés estampillés Bio Cohérence devront contenir 100% de produits bio, contre 95% pour les cahiers des charges AB et européen. Au titre des autres exigences, on peut citer une réduction des produits vétérinaires ou encore l’obligation aux exploitations d’être 100% bio.

    Trop de labels tuent le label ?

    Plus encore, ce label intègre une démarche de cohérence et d’amélioration continue grâce à l’établissement d’une charte, qui reprend les grands principes de l’agriculture biologique, et de la pratique d’un autodiagnostic. Cediagnostic permettra aux acteurs de la filière de faire le point sur leurs pratiques et favorisera l’amélioration écologique, sociale et économique du label et de la filière.

    Pour garantir du sérieux de ce nouveau label, son obtention sera contrôlée par cinq organismes certificateurs accrédités (Qualité France, Ecocert, Certipaq…) et attribué par un comité interne de l'association Bio Cohérence (qui succédera à Alternative Bio 2009). Pourtant, si la démarche vers davantage d’exigences environnementales est louable, elle risque de participer encore plus à la confusion des consommateurs qui voient fleurir florilège de labels, d’allégations environnementales plus ou moins sérieuses et de mentions obligatoires.

    Or 65% des Français considèrent déjà qu’il y a trop de labels pour les produits durables selon l’étude Institut Médiascopie / Ethicity 2010. Et voilà qu’un nouveau logo européen, un nouveau label bio et bientôt peut-être un étiquetage carbone débarquent sur les paquets d’emballages… Tout ceci ne facilitera pas vraiment les achats des consommateurs dans un premier temps, ce qu’espérait pourtant la Commission européenne en harmonisant les logos bio. Pire, cela pourrait profiter au greenwashing, cette pratique qui consiste à utiliser de faux arguments verts pour vendre des produits qui ne le sont pas.

     

     

     

     

     


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