• Qu'est-ce la médecine anthroposophique ?

     

     

    Qu'est-ce la médecine anthroposophique ?

    Docteur Joseph Hériard Dubreuil

    La médecine anthroposophique se distingue de l'homéopathie, mais elle a recours aussi à des dilutions homéopathiques. Elle utilise également des plantes, mais ne doit pas être confondue non plus avec la phytothérapie. Sa caractéristique la plus originale réside dans ses fondements qui tiennent compte d'une connaissance de l'homme et de l'univers, et dons la démarche rationnelle sur laquelle repose la thérapeutique.

    LES REMÈDES ANTHROPOSOPHIQUES

    La médecine anthroposophique date de 1920. L'homéopathie peut être datée de 1796. On ne s'étonnera donc pas que la méthode des dilutions homéopathiques soit reprise par la médecine anthroposophique qui est bien postérieure, cette méthode étant alors considérée comme un acquis. Il y a cependant des différences dans la préparation des teintures-mères ou des souches de base pour les dilutions ou triturations, différences dans le mode de culture des plantes médicinales, lorsqu'elles sont cultivées, dans le choix du jour et de l'heure pour la récolte, dans l'utilisation de divers procédés, en particulier la chaleur, pour la préparation des souches. Les dilutions sont toujours décimales (une partie pour neuf parties de solvant) alors que la plupart des dilutions homéopathiques courantes sont centésimales (une partie pour quatre-vingt dix-neuf parties de solvant). Des expérimentations précises ont montré en effet que c'est avec des dilutions décimales que l'on obtenait les meilleurs résultats. La médecine anthroposophique a recours également, de façon beaucoup plus large que l'homéopathie, aux remèdes tirés du monde minéral. Elle utilise divers minerais provenant des cinq parties du monde (ou même tombés du ciel comme les météorites), ou bien le métal lui-même obtenu par sublimation sur une source de chaleur et se déposant sur une paroi froide (" miroir métallique "). Ces minéraux ou ces métaux sont ensuite traités par triturations décimales successives. Outre ces modes de préparation qui l'apparentent à l'homéopathie, la médecine anthroposophique a également recours à des procédés originaux de préparation de médicaments spécifiques. Par exemple, l'utilisation de métaux végétabilisés. On fait croître une plante sur une terre qui a reçu une dilution d'un métal avec lequel cette plante a une affinité particulière ; et on répète l'opération à partir de la plante de l'année précédente; au bout de trois ans, on dispose d'une plante qui s'est imprégnée naturellement de ce métal : on l'utilisera sans avoir recours aux dilutions homéopathiques; on dispose ainsi d'un remède contenant les forces métalliques, mais sous forme végétale. Cela va permettre d'entreprendre un traitement pour un patient qui a besoin de ce métal mais ne pourrait bénéficier directement de la thérapeutique par le métal ; on prépare ainsi la voie à l'utilisation du métal lui-même dans un deuxième temps. Un autre exemple est en quelque sorte l'inverse du précédent : on observe les différents processus présents dans une plante médicinale, et on " copie ", avec une composition minérale appropriée, cet ensemble de forces végétales. On a, si l'on veut, une plante présentée sous forme minérale. Une grande partie des remèdes sont des remèdes composés, les différents composants étant réunis pour leurs valeurs propres et pour l'ensemble qu'ils forment, cet ensemble étant plus que la somme de ses composants. Il est fréquent, dans ces exemples, que les composants soient mélangés entre eux avant de procéder à la dernière dilution ou aux dernières dilutions. C'est donc le mélange lui-même qui bénéficie de la dynamisation homéopathique.

    FONDEMENTS RATIONNELS DE LA THÉRAPEUTIQUE

    La thérapeutique, le choix des composants pour un remède donné, le choix d'un remède pour un patient donné ou pour une maladie donnée, reposent sur une pensée rigoureuse, et non pas sur l'empirisme. On tient compte des forces qui sont à l'oeuvre, dens le monde végétal et dans le monde minéral principalement (il y a aussi quelques remèdes d'origine animale), et du fait que ces forces sont à l'oeuvre aussi, mais d'une autre manière, à l'intérieur de l'organisme humain. En particulier lorsqu'une maladie s'installe, c'est qu'un processus inhabituel, qui n'a pas sa place dans un organisme en bonne santé, prend naissance et se développe dans tel ou tel organe. Une connaissance de la nature exacte de ce processus permet de le rattacher à un processus, normal celui-là, car il est à sa place, de la nature végétale ou minérale. Il faut alors proposer à l'organisme malade, sous la forme qui convient, le remède préparé à partir de la plante ou du minéral. Le processus morbide s'oriente alors vers cet apport extérieur donné sous forme de remède ; il se détourne de l'organe sur lequel il s'exerqait et cet organe en est ainsi libéré, il retrouve un fonctionnement normal. En général, le remède bien choisi joue un rôle incitateur, il montre la voie, et l'organe ou l'organisme malade n'avait besoin que de ce point de départ : le processus de guérison une fois enclenché se poursuit de lui-même. Ce qui est dit là décrit l'action d'un remède introduit à l'intérieur de l'organisme (par la bouche ou par injection). Il existe d'autres modes d'administration des médicaments, par voie externe (onguents, bains, enveloppements, etc.).

    CONNAISSANCE DE L'HOMME ET DE L'UNIVERS

    Le principe exposé ainsi de manière succincte suppose donc une connaissance très vaste de ce qui a été appelé processus à l'oeuvre dons l'organisme ou dans la nature extérieure. En particulier, un processus dans la plante ou le minéral ne s'identifie pas avec ce que l'on appelle habituellement le principe actif. Cette notion repose sur une vision trop strictement matérielle. Il faut apprendre à voir dans une substance donnée d'autres forces que le simple assemblage moléculaire ne révèle pas. C'est la connaissance de ces forces cachées à la vision scientifique habituelle qui fonde la rationalité du choix des remèdes appropriés. Cela suppose donc l'accès à une connaissance élargie de l'homme et de l'univers, élargie par rapport à la connaissance strictement matérielle qui a cours à notre époque. Cette connaissance, appelée anthroposophie, a donné son nom à la médecine qui en est issue et qui s'appuie sur elle. Cette connaissance anthroposophique repose sur un développement des capacités de connaissance qui existent en tout homme, mais restent en général inexplorées. L'anthroposophie expose en détail la méthode à suivre pour parvenir à ces connaissances. Cependant, il n'est pas nécessaire d'être parvenu soi-même à la découverte de ces connaissances pour les utiliser, de même qu'il n'est pas nécessaire d'être un Hahnemann pour appliquer la loi de similitude. Mais le médecin doit être capable d'accéder à la démarche rationnelle sous la forme sous laquelle se manifestent ces connaissances. La médecine anthroposophique se présente en effet sous forme d'un donné élaboré aux environs de 1920 par son fondateur, Rudolf Steiner, avec la collaboration principale du Dr Ita Wegman qui a créé la première clinique anthroposophique pour l'application de ces découvertes. La formation actuelle du médecin anthroposophe consiste donc à s'appliquer à l'étude des résultats ainsi donnés pour parvenir à une compréhension qui rende possible l'intelligence intrinsèque des remèdes, le choix thérapeutique judicieux, et si possible, l'extension de cette démarche à de nouvelles formes de maladies qui n'existaient pas en 1920. Cette recherche prolonge la démarche initiale. Elle a lieu dans les cliniques et dans des instituts de recherche.

    LE PATIENT, UN ËTRE UNIQUE QUI A SON HISTOIRE

    Á partir de ces données que l'on peut qualifier d'objectives, le médecin élaborera une thérapeutique tenant compte de la personnalité du patient. L'élément le plus important de la nature humaine est en effet la personnalité, et beaucoup de maladies, en particulier les plus graves, viennent d'un trouble dans la façon dont la personnalité fait face aux événements de sa vie. Ce qui est indiqué ici brièvement ne doit pas être assimilé à ce qu'on appelle en général la médecine psychosomatique ; ici, il y a une prise en compte de la personnalité comme d'un noyau intime de l'être humain se situant au-dessus des manifestations psychiques et physiques. Cet élément supérieur de l'être humain, le moi personnel, est attentivement pris en compte dans les manifestations de l'histoire individuelle du patient, et dans les répercussions de cette histoire individuelle qui se traduisent en symptômes physiques. C'est ici que la thérapeutique fait appel principalement aux médicaments d'origine minérale. Ce point de vue ne peut être ici que cité ; il représente l'un des apports les plus originaux et les plus féconds de la médecine anthroposophique.

    DONNÉES PRATIQUES

    La médecine anthroposophique est pratiquée par des médecins régulièrement diplômés et inscrits au Conseil de l'Ordre. Il serait en effet tout à fait contraire aux vues du fondateur que cette médecine se situe en marge et soit pratiquée par des personnes que la société ne reconnaîtrait pas publiquement comme des médecins. Dans d'autres pays, les cliniques sont nombreuses. Il existe même, en Allemagne, un hôpital universitaire où les étudiants en médecine préparent, outre leur diplôme, leur apprentissage de la médecine anthroposophique. Outre la thérapeutique par les médicaments et les soins externes qui ont été cités, il existe également des arts thérapeutiques, en particulier une utilisation de la peinture ou du modelage à des fins thérapeutiques et, en outre, un art du mouvement original qui est l'un des fruits de l'anthroposophie, l'eurythmie. L'application de cet art du mouvement à la santé est connue sous le nom d'Eurythmie curative.

    Ce texte est publié par l'Association des patients de la Médecine Anthroposophique (APMA), dont le premier objectif est l'information des patients.


  • Baissez le chauffage pour la journée gros pull

    Baissez le chauffage pour la journée gros pull

    Une couche en plus pour compenser quelques degrés en moins. C'est l'idée de la journée "gros pull", initiée par l'Asbl Green, une association d'éducation au développement durable. Une journée qui se déroule ce vendredi à l'occasion de l'anniversaire du protocole de Kyoto.

    Plus de 130 écoles en Wallonie et à Bruxelles vont diminuer le chauffage d'un degré au moins. Une action de sensibilisation pour rappeler les engagements de la Belgique en terme de réduction de gaz à effet de serre.

    Le geste est symbolique, mais ses implications ne sont pas négligeables: un degré en moins, c’est 250 grammes de CO2 économisés par personne et par jour.

    (Avec P. Vandenbulcke)

    Plus d'informations sur: http://www.parlementdejeunes.be/

  • Gulf Stream : La chute d'un mythe?

     Gulf Stream : La chute d'un mythe?

     

    http://video.google.com/videoplay?docid=-4535039560637759413

  • Le monde risque une "faillite" des réserves en eau

    Le monde risque une "faillite" des réserves en eau

    Le monde risque une grave pénurie d'eau en raison de l'augmentation constante de la demande, plus rapide même que la croissance de la population mondiale, prévient un rapport publié vendredi par le Forum économique mondial à Davos (Suisse).

    "Dans moins de 20 ans, la pénurie en eau pourra faire perdre à l'Inde et aux Etats-Unis la totalité de leurs récoltes", s'inquiétent les auteurs du rapport, ajoutant que parallèlement la demande alimentaire devrait exploser. Près de 40% des ressources en eau des Etats-Unis sont utilisées pour la production énergétique. De fait, seuls 3% des réserves en eau sont consommées par des ménages. Les besoins en eau pour la production d'énergie devraient augmenter aux Etats-Unis de 165% et de 130% dans l'Union européenne, selon le rapport qui s'inquiète de la réduction des ressources pour l'agriculture devant en résulter. Il souligne encore que la majorité des glaciers de l'Himalaya et du Tibet auront disparu en 2100 au rythme actuel de leur fonte. Ils fourniront malgré tout de l'eau pour deux milliards de personnes. Pour le WEF, l'eau deviendra d'ici 20 ans un sujet majeur d'investissements, encore plus que le pétrole.