• Cancer du col de l'utérus: deux vaccins « très inefficaces

    Cancer du col de l'utérus: deux vaccins « très inefficaces »

    12/11/2008 14:00

    L'industrie pharmaceutique influence les pouvoirs publics, manipule l'opinion via l'Internet et les médias et encourage des « pétitions » pour vendre ses nouveaux vaccins « contre le cancer du col de l'utérus ». Grâce à cette mise en scène, une maladie qui cause des ravages principalement dans le tiers-monde devient une priorité de santé majeure dans les pays riches.

    Dans le monde occidental, le cancer du col de l'utérus est la cinquième cause de décès par cancer chez les femmes. Selon les estimations, cette maladie provoque, en Belgique, la mort de trois cents femmes chaque année. Trois cents morts de trop, bien sûr. Mais comment se fait-il que ce cancer qui fait surtout des ravages dans les pays du Tiers-monde parce que le dépistage par frottis (screening) n'y est que rarement voire jamais pratiqué, figure brusquement parmi les priorités en Belgique ?

    « Parce que l'industrie pharmaceutique a développé des vaccins "contre le cancer du col de l'utérus" et qu'elle s'est lancée dans un vaste matraquage pour en imposer l'utilisation. Et elle le fait manifestement avec grand succès, s'indigne le Dr Erwin De Clerck, de la Ligue flamande contre le cancer. Certes, ces vaccins semblent offrir une protection supplémentaire contre certaines formes du cancer du col de l'utérus. Mais leur remboursement par l'INAMI est injustifié.»

  • La face cachée de Facebook.

     

    La face cachée de Facebook. Par Pierre-Yves Poulain


     

     

    Beaucoup d’encre coule sur ce site qualifié de phénomène planétaire : les jeunes en raffolent, les moins jeunes s’y essayent, les média en parlent (presse, radio, tv), les annonceurs se grattent la tête, et comme le rappelle l’article de Focus RH du 20/11, les recruteurs s’y installent.

    Qui se cache réellement derrière facebook et qu’arrive-t-il aux données qui y sont collectées ? Facebook est-il la panacée, le réseau des réseaux dont tous les intermédiaires rêvent, ou bien est-ce un enième rendez-vous en ligne dont le succès risque de péricliter à l’issue d’une période de forte popularité ? Doit-on l’utiliser pour retrouver ses amis, pour trouver un emploi ou un candidat, pour rejoindre une communauté ou en créer une ? Facebook coute-il aux entreprises ou bien est-ce une source potentielle de productivité ?
    Autant de questions que ne se posent pas forcément les millions d’utilisateurs qui s’y délectent chaque jour, en y inscrivant une quantité croissante d’informations extrêmement détaillées sur leur vie personnelle, leur mode de vie, leurs goûts et leurs activités. Parce que la génération « cliente » de facebook se caractérise par son approche où elle est prête à tout dire...pour tout savoir. Pour autant, certaines limites à ces comportements pourraient apparaître naturellement.

    Société à but lucratif

    En effet, la valorisation financière a de quoi choquer : 15 milliards de dollars pour...150 millions de CA. La récente acquisition de quelques pourcents de son capital par Microsoft inquiète à la fois les autorités américaines et les défenseurs de la protection des données. Facebook agrège tellement d’information sur ses utilisateurs et leurs interactions qu’il est assez logique de penser que le maître incontesté de l’informatique grand public sur terre cherche à faire main basse sur cette base de données. Big Brother est de retour, et facebook sait tout, voit tout, bien plus que votre banquier avec vos dépenses de cartes de crédit ou encore votre opérateur téléphonique. L’avenir de ces données est la « targeted ad », comprenez la publicité ciblée, qui tient compte de vos goûts suite à une analyse de votre profil. Quelques avantages, autant d’inconvénients, mais surtout la sensation bizarre d’être passé à la moulinette 24h sur 24, ce qui n’est pas du goût de tous : à ce rythme, le spam devient presque légal. A moins de créer une option « liste rouge », qui priverait ce fabuleux outil de toute sa richesse de recherche et d’interaction.

    « One size does not fit all »

    Ls experts américains du sujet (dont la maturité face à cet outil est forcément supérieure à la nôtre) ne conçoivent pas qu’un seul et même réseau puisse être un carrefour amical, un lieu de rencontres professionnelles et un hypermarché géant. Les tendances démontrent la part croissante de la spécialisation : on achète ses livres sur Amazon, on « réseaute » sur Linkedin ou sur Viadeo, on cherche un job sur un Monster quelconque (et de plus en plus sur des sites spécialisés ou régionaux), alors on peut s’éclater à partager du contenu Youtube sur facebook et inviter ses amis à joindre une cause plus ou moins sérieuse, mais il semble dangereux pour beaucoup d’utilisateurs de voir leur profil facebook servir à postuler. « Add a friend » (ajouter un ami) ne fait pas beaucoup de différence entre votre vieux copain du primaire et la vague relation que vous avez croisée lors d’un cocktail professionnel. Et si vous limitez son accès à vos informations, cette relation pourrait être amenée à mal le prendre. Alors que penser d’un candidat qui verrouille son profil ? Aurait-il quelque chose à cacher ?

    La loi de Metcalfe

    Du nom de l’ingénieur américain, inventeur de l’Ethernet, fondateur de 3com, cette loi stipule : « l’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs ».
    Certes, mais Paul Saffo analyse très bien le phénomène dans un article de The Economist daté du 18 octobre 2007, où il rappelle que l’important dans ces réseaux n’est pas qui est dedans mais qui n’y est pas. Un principe qu’ont très bien su exploiter les fondateurs de aSmallWorld, ce réseau élitiste qui n’accepte que les membres qui sont cooptés. Le succès de Facebook semble pour l’instant déroger à cette règle, mais la question que se posent ces experts est « jusqu’à quand ? ». Que va-t-il se passer lorsque les millions d’utilisateurs seront connectés n’importe comment avec n’importe qui, entrelacés par le biais de milliers de groupes tantôt sérieux tantôt futiles ? A part l’achat de données ciblées, quels avantages pourront en retirer des annonceurs, voire les recruteurs ? Il est à parier qu’avant l’avènement de pratiques éprouvées, c’est-à-dire fiables et rentables, les utilisateurs se seront lassés, et ceux qui les traquent se seront découragés. Ce qui fut malheureusement le cas de Friendster, Myspace, et autres innovations d’un temps.

    OpenSource contre Facebook

    La bataille technologique permettra-t-elle de trancher ? Si Facebook fait peur, Facebook fait également envie. La particularité de cet outil résidant dans la capacité de construire ses propres applications et de les rendre disponibles à tout utilisateur sur un modèle d’opensource risque fort d’être balayée par le projet de Google baptisé « Opensocial » (nom de code initial : « maka maka »). Google, un temps intéressé par l’achat de Facebook, a annoncé la création de sa propre technologie. De quoi attirer les meilleurs développeurs, puisque les applications créés seraient utilisables sur n’importe quel réseau social ayant adopté ce standard. Et c’est peut-être là la clé de voute de ces débats. Si une chose se doit d’être partagée dans ces réseaux, c’est bien la technologie, plutôt que des carnets d’adresses sans limites. Le profil facebook n’est pas une carte d’identité virtuelle, et ne sera jamais un CV universel. Comme le soulignent Scott Karp et Eric Schonfeld dans « publishing2.0 », l’avenir est l’utilisation de ces technologies sous forme d’application, pour une mise en relation beaucoup plus fine et intelligente, qui permettront à un utilisateur d’accéder à une information (une offre d’emploi par exemple) sans se rendre compte qu’il passe d’un réseau à un autre.

    Il faut donc être lucide sur l’équilibre fragile de cet univers où les outils de demain ne sont pas ceux du jour. Les recruteurs seront sûrement ravis de comprendre que Facebook est le dénominateur commun à tous leurs candidats issus de la génération Y, mais il est probable qu’ils éprouvent de réelles difficultés à transformer ce trombinoscope géant (objectif initial de ce projet créé par un étudiant de 23 ans) en mine d’or dont on extrait du talent à la pelle. Et ils parviendront rapidement à la conclusion suivante : quelle que soit leur vitrine sur facebook où le profil de ceux qui la lèche, c’est bel et bien le produit qui y figure qui fera la différence : une véritable offre d’employeur, avec des réponses aux vraies questions (combien je vais gagner et avec /pour qui je vais travailler). Au risque le cas échéant, d’y perdre beaucoup de temps, et de voir ces gibiers électroniques faire...volte-face !

    A propos de l’auteur :

    Après une dizaine d’années d’expérience en cabinet de recrutement, en agence de communication RH, au sein d’un jobboard et d’un éditeur de solutions de gestion des talents, ancien Président de l’UNESSOR (www.unessor.org ), Pierre-Yves Poulain est depuis avril 2006 Délégué Général de l’ANDRH, rassemblant 4700 DRH (www.andrh.fr). Co-auteur du cahier spécial de sa revue Personnel consacré aux « 300.000 offres d’emploi non pourvues », il anime également la plate-forme européenne du secrétariat général de l’EAPM (www.eapm.org) , fédérant plus de 220.000 DRH dans 27 pays.