• vaccination contre l'hépatite B "tromperie aggravée".

    Quatorze ans après la campagne nationale de vaccination contre l'hépatite B, les responsables de deux laboratoires ayant mis au point et commercialisé le vaccin, ont été mis en examen jeudi pour "tromperie aggravée".

    Plus de vingt millions de Français (le tiers de la population) ont été vaccinés entre 1994 et 1998 contre le virus de l'hépatite B, maladie à l'origine de cirrhoses ou de cancer du foie.

    Mille trois cents d'entre eux ont par la suite subi des effets secondaires neurologiques, dont un millier de scléroses en plaques, selon certaines estimations.

    Les responsables du laboratoire "SmithKline Beecham" (aujourd'hui GlaxoSmithKline) et de la société Pasteur Mérieux MSD - Aventis Pasteur (aujourd'hui Sanofi Pasteur MSD), deux laboratoires ayant fabriqué le vaccin, sont poursuivis pour "tromperie sur les contrôles, les risques et les qualités substantielles d'un produit ayant eu pour conséquence de le rendre dangereux pour la santé de l'homme", selon une source proche du dossier.

    Le laboratoire Pasteur MSD est également mis en examen, en tant que personne morale, pour "homicide involontaire" pour la mort d'une patiente, Nathalie Desainquentin, décédée en 1998, à l'âge de 28 ans d'une sclérose en plaques et dont les parents se sont constitués partie civile.


    Philippe Douste-Blazy (d) le 22 septembre 1994 à Paris dans le cadre du lancement de la campagne de la campane de vaccination contre l'hépatite
    © AFP - pierre boussel

    "Pour nous, c'est une satisfaction dans la mesure où ces mises en examen confortent notre thèse selon laquelle les recommandations en vue de la vaccination n'étaient pas conformes aux risques véritables", a déclaré à l'AFP Me Bernard Fau, avocats de parties civiles.

    Lancée en 1994 par Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, la campagne nationale de vaccination contre l'hépatite B a été suspendue en 1998.

    A partir de 1997, ont été déposées plusieurs plaintes pénales, aujourd'hui instruites par la juge Marie-Odile Berthela-Geffroy. Le dossier compte actuellement 29 parties civiles dont 5 représentent des victimes décédées.

    En 2005, la Cour de justice de la République avait classé sans suite une plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui" visant les ex-ministres de la Santé Jean-François Mattéi, Bernard Kouchner et Philippe Douste-Blazy.

    La campagne de vaccination, encouragée par les pouvoirs publics, comparaît l'hépatite B au Sida et affirmait que le virus pouvait se transmettre par la salive, ce qui est faux. Elle a rapporté beaucoup d'argent aux laboratoires qui ont écoulé 70 millions de doses (trois injections et un rappel).

    "La recommandation d'une vaccination à grande échelle allait très au delà des populations à risque (toxicomanes, professionnels de santé...) notamment en ce qui concerne la vaccination scolaire généralisée", a souligné Me Fau.


    e juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, spécialisée dans les affaires de santé publique, le 19 septembre 2001 à Paris
    © AFP/archives - Thomas Coex

    Comme dans d'autres dossiers de santé publique, l'établissement de la certitude d'un lien de causalité entre le produit et ses effets indésirables est difficile à établir.

    En octobre 2002, une première expertise avait mis en cause l'attitude des pouvoirs publics coupables, selon le rapport, de "désinformations" et de "dissimulations" en vantant les avantages du vaccin.

    En septembre 2003, la Cour de cassation rendait un arrêt indiquant que le lien entre la vaccination et la sclérose en plaque ne pouvait être tenu pour acquis. Mais en 2004, une étude de la revue américaine Neurology suggérait un lien entre le vaccin et la maladie.

    Depuis, le lien de causalité a été pris en compte en 2007 par le Conseil d'Etat dans le cas d'une infirmière de l'hôpital de Sarreguemines (Moselle), atteinte d'une sclérose en plaques, à la suite d'une vaccination obligatoire contre l'hépatite B.

  • Bienvenue chez Respire !

    Bienvenue chez Respire !

    Respire est une asbl belge prônant une consommation raisonnable et responsable et œuvrant pour libérer l’espace public de la publicité commerciale.

    Une pétition soutenue par un collectif d’associations.

    Nous vivons dans une société de surconsommation. Mais à l’heure actuelle, chacun sait que ce mode de vie n’est pas viable à terme. Or c’est celui que, avec d’énormes moyens, promeut la publicité commerciale. Il est grand temps que ces messages trompeurs et dangereux cessent d’être imposés à tous.

    Un monde serein et équilibré ne peut exister alors que la publicité commerciale s’impose dans l’espace public, affichant ses excès sans qu’il soit possible d’y répondre.

    Pour mieux faire connaissance avec nous, nos motivations, nos actions et nos méthodes, parcourez notre site.

    Bonne lecture !

     http://www.respire-asbl.be/

     

  • France Télévisions sans pub ? Et la RTBF ?

    France Télévisions sans pub ? Et la RTBF ?

    Carte blanche parue dans La Libre du 14/01/2008

    lundi 14 janvier 2008

    M. Sarkozy déclarait le mardi 7 janvier qu’il souhaite « que l’on réfléchisse à une suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques », estimant que « si l’on veut un service public, il faut lui donner une identité, il faut lui donner un périmètre, il faut lui donner des moyens de se financer ». Il a précisé que ce financement pourrait être réalisé grâce à « une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et une taxe infinitésimale sur les chiffres d’affaires des nouveaux moyens de communication comme l’accès à Internet ou la téléphonie mobile ».

    Cette proposition rejoint - de façon pour le moins inattendue - notre demande qui enjoint les décideurs politiques à envisager très sérieusement les façons praticables de libérer la RTBF de la publicité commerciale. Cette revendication de simple bon sens a depuis lors été reprise par plusieurs autres associations et a recueilli le soutien de nombreuses personnes, d’intellectuels et d’élus. Rien ne justifie en effet l’évolution délétère qui consiste à transformer le service public en porte-parole d’intérêts commerciaux privés, à soumettre le fonctionnement de l’institution et le contenu éditorial à la pression de la logique publicitaire, à rogner le confort de l’usager bombardé d’écrans vendeurs. Rien ne justifie l’absurdité de laisser le service public être envahi par des messages commerciaux incitant à la surconsommation au moment où l’on sait de façon certaine qu’il est urgent de consommer moins et mieux.

    Pourtant, à aucun moment, la majorité PS/CDH de la Communauté française n’a jugé utile d’écouter cette revendication et les arguments à l’appui d’un service public audiovisuel débarrassé de la pression publicitaire. La surprise vient donc du président français, qui annonce une « révolution culturelle dans le service public de la télévision ». Comment interpréter cette déclaration venant du chef de l’État français dont le moins que l’on puisse dire est que les choix politiques qu’il a faits jusqu’à aujourd’hui ne vont pas dans le sens de la revalorisation du service public ni de la lutte contre la surconsommation ?

    Constatons en premier lieu que juste après l’annonce présidentielle (à 11 heures), les actions de TF1 gagnaient 8,38 pc, M6 Métropole TV 6,86 pc, et Bouygues, maison-mère de TF1, 3,24 pc. Ces titres reperdaient à nouveau dès le lendemain, à l’exception de M6. Supprimer toute publicité de France Télévisions revient en effet à rétrécir le marché publicitaire audiovisuel français et donc à concentrer les revenus publicitaires chez les seuls opérateurs privés, qui voient de ce fait leurs perspectives de profit augmenter. Il n’est cependant pas possible de savoir jusqu’à quel point le transfert des revenus publicitaires des télévisions publiques peut être capté par le privé, cela expliquant probablement la rechute observée des cours.

    Dans le cas où l’ambition présidentielle ne se limiterait pas à un effet d’annonce, cette bonne affaire pour le privé n’en serait pas pour autant mauvaise pour le service public, qui serait largement libéré de la pression commerciale et des lois régressistes de l’audimat (outil publicitaire, partial et partiel de mesure de l’audience). Toutefois, pour que cette opération ne tourne pas à la catastrophe pour le service public français, il faut que plusieurs conditions soient remplies pour lui permettre de réaliser correctement ses missions d’intérêt général.

    Les taxes suggérées devraient être suffisamment importantes, et éventuellement complétées par une hausse de la redevance (une proposition en ce sens avait été rejetée en novembre), sans quoi la mesure s’apparenterait plus à la mise à terre de la télé publique qu’à sa revalorisation. D’autre part, fermer les vannes du financement publicitaire rendrait France Télévisions entièrement dépendant ou presque du financement public et, donc, de l’État.

    La suppression de la pub devrait donc être impérativement accompagnée de garde-fous confirmant et renforçant l’autonomie du service public vis-à-vis des pouvoirs publics, faute de quoi il existerait un risque de le voir glisser vers un organe de radiodiffusion d’État, la séparation entre ces deux niveaux de pouvoir (politique et médiatique) étant déjà déficiente. La possibilité de la « Berlusconisation » des médias à la française n’est pas simplement théorique, la proximité du président et des dirigeants de médias étant très forte (Martin Bouygues PDG du groupe éponyme qui contrôle TF1, est le parrain de l’un des fils de N. Sarkozy).

    En tout état de cause, il est difficilement concevable qu’un État tel que la France puisse se passer d’un service public audiovisuel et, pour autant que la vigilance démocratique soit correctement exercée, une sortie correcte de France Télévisions de la dépendance publicitaire est envisageable. L’accentuation de la différence entre les missions et les contenus du service public et ceux des opérateurs privés constituerait alors un point très positif.

    Cette différenciation des missions et contenus est au cœur des revendications des nombreux usagers qui souhaitent une RTBF sans publicité : le service public doit être au service du public et de l’intérêt général et non des intérêts commerciaux privés. L’annonce de Nicolas Sarkozy constitue à ce titre un camouflet pour les partisans du développement publicitaire à la RTBF, qui n’ont eu de cesse ces dernières années d’affirmer, sans jamais le prouver, qu’une RTBF sans pub est impensable - mais il est vrai qu’ils semblaient n’y avoir jamais pensé.

    Quelles conséquences pourrait avoir ici la mise en œuvre du projet français ? S’il est impossible de le deviner, quelques éléments peuvent néanmoins être envisagés.

    Le marché publicitaire de l’audiovisuel en Communauté française est différent du marché français. Les deux chaînes les plus regardées chez nous sont... TF1 et RTL-TVi. La première est française et la seconde s’est virtuellement expatriée au Luxembourg, où les règles encadrant les pratiques publicitaires sont moins élaborées. Étant donné les principes de libre concurrence et de libre circulation des biens et services qui prévalent dans le marché commun européen, il semble difficilement praticable de taxer en Belgique les investissements publicitaires effectués par des opérateurs étrangers. À la différence de la France, il ne semble donc pas possible de tirer de ce type de taxe les revenus suffisants pour refinancer une RTBF publique, les deux plus gros opérateurs actifs ici étant pour l’instant hors d’atteinte. Difficulté supplémentaire, certes, qui n’enlève rien à l’impérieuse nécessité de supprimer la propagande commerciale de notre radio-télévision publique.

    Car la concentration des revenus publicitaires dans les chaînes privées françaises, et singulièrement à TF1, fait peser un risque direct à la RTBF. Il est en effet question depuis longtemps pour la principale chaîne française d’effectuer un décrochage publicitaire, c’est-à-dire de créer une régie publicitaire pour le marché belge (mais pas nécessairement enregistrée en Belgique) dont la mission serait de valoriser sur le marché de la Communauté française les écrans publicitaires de TF1. Autrement dit, les téléspectateurs belges de TF1 subiraient sur cette chaîne des publicités calibrées pour le marché belge, et non plus français. Or la concentration du marché publicitaire télé en France accroît les potentialités de bénéfice des chaînes privées, mais circonscrit également la taille du marché. Les opérateurs vont donc probablement tenter de s’étendre (ils auraient plus d’argent sur un marché plus étroit).

    La RTBF se trouve en situation de concurrence exacerbée avec un opérateur français géant et RTL-TVi, qui pratique des formats publicitaires interdits en Communauté française. Deux opérateurs privés étrangers qui n’ont d’autre objectif que de grandir, de grossir et d’accroître leurs parts de marché et qui trouveraient dans la suppression de la pub sur le service public français de nouvelles incitations à s’étendre. Autant dire qu’à ce jeu concurrentiel qui ne peut pas être le sien, les recettes publicitaires de la RTBF fondraient comme le cerveau humain mis à disposition des vendeurs de soda. La meilleure chose qui pourrait arriver à Reyers est de ne plus dépendre de ce type de revenus.

    À l’heure du changement climatique, de l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables et de maladies épidémiques de société comme l’obésité et le diabète, la limitation forte des messages commerciaux incitant efficacement à la surconsommation est une nécessité en soi. L’autonomie et l’avenir de la RTBF, qui demeure le principal outil culturel de la Communauté française, en forment une autre. Gageons que ces enjeux seront au cœur des élections de 2009

  • L’amour, qu’est-ce que l’amour ?

    L’amour, qu’est-ce que l’amour ?


    L'amour, un sentiment mystérieux, imprévisible. L'amour, le seul mot pouvant être synonyme d'un bonheur extrême, ou d'un mal être inqualifiable. L'amour, la haine, ou peut-être les deux ? De tout temps, l'amour a inspiré l'homme, déployé les passions. Parfois, en son nom, des hommes ont commis les pires massacres. On ne choisit pas quand tomber amoureux, ou de qui tomber
    amoureux. L'amour nous inspire tellement que nous savons quasiment le dire dans toutes les langues : je t'aime, ich liebe dich, i love you, ti amo, ik houd van je, yo te amo ... Et lorsque l'on aime réellement, sincèrement, malgré toutes les difficultés, toutes les mésententes, il ne s'efface jamais réellement. L'amour traverse toutes les barrières qu'elles soient culturelles ou raciales. L'amour pur et sincère peut rendre l'homme meilleur, tout comme le rendre encore plus mauvais qu'il ne l'est. Il y a plusieurs sortes d'amour : l'amour filial (entre les membres d'une famille), et l'amour «eros» (l'amour tel qu'il existe entre deux partenaires), l'amour que l'on peut porter à ses amis (l'amitié), l'amour impersonnel... Souvent, il est même présent sous plusieurs formes à la fois. Lorsque l'on forme une famille avec l'homme dont on est amoureuse, on le considère comme son plus proche confident, son plus fidèle ami. L'amour ne se provoque pas, c'est lui qui nous provoque. Lui tourner le dos, c'est passer à côté de quelque chose d'extraordinaire. Sachons l'apprécier, même si parfois il nous fait souffrir. «Aimer, c'est plus fort que tout », ne l'a-t-on pas souvent entendu ?

  • Des OGM en Belgique :Il s’agit de peupliers

    Des OGM en Belgique : un retour en force

    vendredi 4 janvier 2008

    Une demande d’essai d’OGM en plein champ a récemment été introduite en Belgique. Il s’agit de peupliers présentant une composition du bois modifiée en vue de produire de la cellulose-éthanol. La mise en essai est prévue pour le printemps 2008 !

    Plus aucune demande d’essai d’OGM n’a été introduite en Belgique depuis 2003, et ce du fait d’une procédure d’autorisation plus ferme que dans d’autres états membres. Plusieurs refus avaient été essuyés en 2002 et 2003. Mais voilà que nos vieux démons refont surface, et en force… Car cet essai concerne un OGM « Made in Belgium » (Gand) qui serait installé pour sept années au moins ( !), et ce en vue de produire un agro-carburant de seconde génération…

    Un danger inacceptable...

    Il n’existe pas de législation spécifique aux arbres transgéniques : la procédure d’autorisation pour des essais en champ est similaire à celle de toute autre plante OGM. Mais les habituels risques de dissémination inhérents aux OGM sont, eux, beaucoup plus importants dans le cas des arbres transgéniques, d’une part parce que la culture reste en place plusieurs années, et d’autre part parce que les plantes atteignent un développement beaucoup plus important que les plantes annuelles. Le risque de dissémination par voie sexuée (pollen, graine) est faible dans le cas qui nous intéresse ; cela est dû au fait que cet essai concerne un taillis à courte révolution (les branches sont coupées après trois ans, avant qu’elles ne puissent fleurir). Mais les peupliers se reproduisent surtout par voie végétative, ce qui signifie qu’un simple morceau de branche ou de racine peut régénérer un arbre entier. Il suffit donc d’un oiseau ou d’un petit rongeur pour voir notre OGM se disséminer dans la nature ! De plus, les chercheurs ont déjà mis en évidence que l’Agrobacterium tumefaciens, utilisé comme vecteur pour introduire le transgène dans une plante, est extrêmement difficile à éradiquer et devient donc un véhicule potentiel pour un transfert génétique non intentionnel vers les organismes du sol ou les animaux, voire l’homme. Ce danger est fortement accru chez les arbres du fait de leur système racinaire extrêmement étendu.

    On le voit ici, et l’expérience nous l’a déjà confirmé à maintes reprises, le risque de dissémination est absolument incontrôlable dès qu’on sort du milieu confiné. La mise en place d’essais en plein champ de peupliers OGM représente un danger inacceptable pour les variétés locales de peuplier ainsi que pour la biodiversité en général.

    Pour une finalité tout autant inacceptable !

    On mesure aujourd’hui les dégâts des agro-carburants de première génération, un temps plébiscités : pression sur le système de production alimentaire, déforestation, intensification à outrance entraînant pollution et appauvrissement des sols… Aujourd’hui, on ne jure que par les agro-carburants de deuxième génération : fini la concurrence avec les productions alimentaires et production plus importante d’énergie à l’hectare.

    Mais la concurrence avec le système de production alimentaire est toujours bien présente, la terre étant un moyen de production limité. Plus grave : dans la production d’agro-carburants de seconde génération, la totalité de la plante est exportée de la terre où elle est cultivée ; il n’y a donc aucune restitution de matières carbonées au sol (pailles, déchets verts…), pourtant primordiale pour la structuration du sol. Erosion, inondations, stérilité des sols, pollution des nappes… Cette tendance ne va faire que s’aggraver.

    Il faut réagir !

    En Belgique, la population est impliquée dans la procédure d’évaluation de chaque demande d’utilisation d’Organismes Génétiquement Modifiés. Conformément à l’arrêté royal du 21 février 2005, réglementant la dissémination volontaire dans l’environnement, ainsi que la mise sur le marché d’organismes génétiquement modifiés ou de produits en contenant, une consultation du public est ainsi organisée pendant trente jours.

    Tous les citoyens ont donc accès aux diverses données du dossier B/BE/07/V2 et à un formulaire en ligne (HTML). Via ce formulaire, vous pouvez envoyer vos commentaires ou vos questions sur ce dossier jusqu’au 12 janvier 2008.

    Nous vous demandons donc de réagir sur ce formulaire, en refusant cet essai s’il est effectué en milieu non confiné.


    Pour toute information complémentaire :
    Marc FICHERS
    - Nature & Progrès asbl
    - 520 rue de Dave - 5100 Jambes
    - Tél. : 081/30 36 90 - Fax : 081/31 03 06
    - natpro@skynet.be - www.natpro.be

  • Seule une bonne récession nous sauverait

    Seule une bonne récession nous sauverait
    Dans les pays riches, la croissance est un sédatif politique qui étouffe toute contestation, explique le chroniqueur écolo George Monbiot.
    The Guardian (extraits)
    Londres
    Si vous êtes sensible, je vous conseille de tourner la page. Je m’apprête à briser le dernier tabou universel ; j’espère que la récession prédite par certains économistes se matérialisera. Je reconnais que la récession est quelque chose de douloureux. Comme tout le monde, je suis conscient qu’elle ferait perdre à certains leurs emplois et leurs logements. Je ne nie pas ces conséquences ni les souffrances qu’elles infligent, mais je rétorquerai qu’elles sont le produit parfaitement évitable d’une économie conçue pour maximiser la croissance, et non le bien-être. Ce dont j’aimerais vous faire prendre conscience est bien moins souvent évoqué : c’est que, au-delà d’un certain point, la souffrance est également le fruit de la croissance économique.
    Le changement climatique ne provoque pas seulement un déclin du bien-être : passé une certaine limite, il le fait disparaître. En d’autres termes, il menace la vie de centaines de millions de personnes. Quels que soient leurs efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les gouvernements se heurtent à la croissance économique. Si la consommation d’énergie s’accroît moins vite à mesure qu’une économie arrive à maturité, aucun pays n’a encore réussi à la réduire tout en augmentant son produit intérieur brut. Au Royaume-Uni, les émissions de dioxyde de carbone sont plus élevées qu’en 1997, en raison notamment des soixante tri­mestres de croissance consécutifs dont ne cesse de se vanter [le Premier ministre] Gordon Brown. Une récession dans les pays riches représenterait sans doute le seul espoir de gagner du temps afin d’empêcher le changement climatique de devenir incontrôlable.
    L’énorme amélioration du bien-être des humains dans tous les domaines – logement, nutrition, hygiène, médecine – depuis deux cents ans a été rendue possible par la croissance économique, ainsi que par l’éducation, la consommation, l’innovation et le pouvoir politique qu’elle a permis. Mais jusqu’où doit-elle aller ? Autrement dit, à quel moment les gouvernements décident-ils que les coûts marginaux de la croissance dépassent les bénéfices marginaux ? La plupart n’ont pas de réponse à cette question. La croissance doit se poursuivre, pour le meilleur et pour le pire. Il me semble que, dans les pays riches, nous avons d’ores et déjà atteint le point où il faut logiquement s’arrêter.
    Je vis actuellement dans l’un des endroits les plus pauvres du Royaume-Uni. Ici, les adolescents dépensent beaucoup d’argent chez le coiffeur, ils s’habillent à la dernière mode et sont équipés d’un téléphone portable. La plupart de ceux qui sont en âge de conduire possèdent une voiture, qu’ils utilisent tout le temps et bousillent en quelques semaines. Leur ­budget essence doit être astronomique. Ils sont libérés de la terrible pauvreté dont ont souffert leurs grands-parents ; nous devrions nous en féliciter et ne jamais l’oublier. Mais, à une exception majeure – le logement, dont le prix est surévalué –, qui osera prétendre qu’il est impossible de satisfaire les besoins fondamentaux de tous dans les pays riches ?
    Les gouvernements adorent la croissance parce qu’elle les dispense de s’attaquer aux inégalités. Comme Henry Wallich, un ancien gouverneur de la Réserve fédérale américaine [de 1974 à 1986], l’a un jour fait remarquer en défendant le modèle économique actuel, “la croissance est un substitut à l’égalité des revenus. Tant qu’il y a de la croissance, il y a de l’espoir, et cela rend tolérables les grands écarts de revenus.” La croissance est un sédatif politique qui étouffe la contestation, permet aux gouvernements d’éviter l’affrontement avec les riches, empêche de bâtir une économie juste et durable. La croissance a permis la stratification sociale que même le Daily Mail [quotidien conservateur] déplore aujourd’hui.
    Existe-t-il quelque chose que l’on pourrait raisonnablement définir comme relevant du bien-être et que les riches n’ont pas encore ? Il y a trois mois, le Financial Times a publié un article sur la façon dont les grands magasins s’efforcent de satisfaire “le client qui est vraiment arrivé”. Mais son sujet implicite est que personne n’“arrive”, car la destination ne cesse de changer. Le problème, explique un cadre de Chanel, est que le luxe s’est “surdémocratisé”. Les riches doivent donc dépenser de plus en plus pour sortir du lot : aux Etats-Unis, le marché des biens et services destinés à les y aider pèse près de 1 000 milliards d’euros par an. Si vous voulez être certain que l’on ne peut vous confondre avec un être inférieur, vous pouvez désormais acheter des casseroles en or et diamants chez Harrod’s.
    Sans aucune ironie délibérée, l’article était accompagné de la photo d’un cercueil. Il s’agit d’une réplique de celui de lord Nelson, fabriquée avec du bois provenant du bateau sur lequel il est mort, que l’on peut s’offrir pour un prix faramineux dans la nouvelle section du grand magasin Selfridges dédiée à l’hyperluxe. Sacrifier sa santé et son bonheur pour pouvoir se payer cette horreur témoigne certainement d’un trouble mental grave.
    N’est-il pas temps de reconnaître que nous avons touché la Terre promise et que nous devrions chercher à y rester ? Pourquoi voudrions-nous la quitter pour explorer un désert souillé par une frénésie de consommation suivie d’un effondrement écologique ? Pour les gouvernements du monde riche, la politique raisonnable à mener désormais n’est-elle pas de maintenir des taux de croissance aussi proches de zéro que possible ? Mais, parce que le discours politique est contrôlé par des gens pour qui l’accumulation d’argent est la principale finalité, une telle politique semble impossible. Aussi désagréable qu’elle soit, il est difficile d’imaginer ce qui, à part une récession accidentelle, pourrait empêcher la croissance économique de nous expulser du pays de Canaan pour nous expédier dans le désert.

    George Monbiot
    The Guardian