• Marc Laimé Le dossier de l'eau. Pénurie, pollution, corruption.

    Marc Laimé Le dossier de l'eau. Pénurie, pollution, corruption.




    A l'orée du 21ème siècle, nos sociétés sont paradoxalement confrontées au même problème qu'à la fin du 19ème : assurer à tout être humain l'accès à l'eau potable. Cette pénurie qui tue est aussi aggravée par des comportements ou états de faits inquiétants : De "bien commun", l'eau est devenue une marchandise au profit de conglomérats qui veulent rentabiliser leurs investissements colossaux.

    La France a ici une responsabilité particulière, puisque notre pays abrite les deux premières entreprises mondiales du marché. Un vigoureux mouvement de contestation lutte pour que l'accès à une eau potable soit reconnu comme un droit fondamental de l'humanité.

    En France même, outre la pollution catastrophique provoquée par l'agriculture intensive, les prérogatives exorbitantes d'une industrie surpuissante et leurs pratiques financières opaques dont pâtissent le consommateur et le contribuable font débat. Mais les projets de réforme se muent en serpents de mer législatifs.

    A l'égal de la sécurité alimentaire et des risques industriels, l'eau constitue aujourd'hui un enjeu majeur en matière d'environnement, de santé publique et de démocratie. Aucun gouvernement ne pourra sans mentir continuer à faire l'économie d'une politique réaliste et généreuse.


    L'auteur – Journaliste et sociologue, Marc Laimé a collaboré à de nombreuses publications spécialisées françaises et étrangères. Il s'intéresse depuis plusieurs années sur le problème de l'eau, en France et dans le monde.


  • Main basse sur l’eau des villes

    Main basse sur l’eau des villes

    Si 95 % des services d’eau et d’assainissement dans le monde demeurent régis par la puissance publique, les « majors » du secteur – trois français sur les quatre plus grands groupes mondiaux (voir « Trois sœurs ») – cherchent à assurer leur emprise sur des marchés en voie de privatisation. Des choix contestés par des millions de citoyens sur la planète. A tel point que Veolia a édité une sorte d’argumentaire pour tenter de répondre à ses détracteurs altermondialistes – une première (1).

    Tout juste dépassée par le Chili, puis l’Angleterre et le pays de Galles, qui ont totalement privatisé, la France apparaît comme pionnière de la participation des entreprises privées dans la gestion de l’eau. Huit habitants sur dix y sont desservis par un opérateur privé, neuf sur dix dans les grandes agglomérations. On parle d’ailleurs d’« école française de l’eau ».

    La possibilité pour les communes de déléguer la gestion des services d’eau remonte au milieu du XIXe siècle. Mais la croissance fulgurante des « trois sœurs » démarre après la seconde guerre mondiale. Avec l’augmentation rapide de la population, de l’industrialisation et une urbanisation intense, la demande d’infrastructures explose. Les ressources en eau apparaissent quasi inépuisables, facilement mobilisables, et l’on ne se soucie pas encore de pollution ni de préservation de l’environnement. De plus, les régies publiques communales – qui assurent alors les services d’eau et d’assainissement à hauteur de 70 %, une prérogative qui remonte à 1789 – sont parfois mal gérées et endettées. Elles sont tributaires de dispositions réglementaires qui ne leur permettent pas de constituer des réserves pour investir.

    Or les besoins sont énormes. Alors que, en 1954, elles ne desservent que moins d’un tiers des Français (31,6 %), les entreprises privées vont s’engouffrer dans la brèche. Avec d’autant plus de facilité qu’elles disposent d’un savoir-faire technique et d’une compétence qu’elles vont très vite développer, notamment dans ce que l’on n’appelle pas encore l’« ingénierie financière ».

    Certes, qu’il s’agisse d’une régie publique ou d’une délégation, le financement de base est toujours public, puisque c’est l’usager qui paie. Mais le talent des entreprises va consister à « optimiser » ces financements. A leur profit, mais souvent aussi au bénéfice des collectivités avec lesquelles elles signent des contrats. L’expertise financière devient au moins aussi importante que la maîtrise industrielle des métiers de l’eau. Les collectivités locales signent alors une sorte de « pacte faustien » avec les majors.

    Ainsi, dès les années 1950, et jusqu’en 1995, où le législateur interdit ces pratiques, la signature d’un contrat s’accompagne fréquemment du versement par l’entreprise à la collectivité d’un « droit d’entrée » de dizaines, et même de centaines, de millions de francs.

    Au lieu d’être directement affectées au budget de l’eau et de l’assainissement, indépendant, ces sommes alimentent le budget général de la commune : elles servent à maintenir une faible fiscalité locale et/ou à construire des équipements collectifs, stades, piscines, etc., bref, à tout autre chose que l’eau. Mais l’entreprise n’ayant pas de vocation philanthropique, c’est l’usager qui rembourse par le biais de sa facture, pendant toute la durée du contrat. Sans le savoir, le consommateur paye ce « cadeau » accordé à la collectivité : la facture d’eau se substitue à la fiscalité locale... On mesure les bénéfices politiques que peut en tirer un élu (2).

    Ces pratiques fondatrices de la gestion à la française ont fait le lit de tous les abus : opacité, surfacturation, pratiques monopolistiques... Ainsi, Veolia et Suez continuent à posséder une dizaine de filiales communes, qui détiennent des contrats dans autant de grandes villes françaises, bien que le Conseil de la concurrence ait exigé leur suppression en 2002. Il est par ailleurs pratiquement impossible, pour une collectivité, de savoir combien d’employés de l’entreprise privée sont réellement affectés sur un contrat, ou d’évaluer la réalité de « frais de siège », imputés sur la facture sans justification précise. Des centaines de collectivités s’efforcent aussi de connaître avec précision l’utilisation qui est faite de « provisions pour renouvellement », théoriquement affectées à l’entretien et au renouvellement des réseaux. Des milliards d’euros sont en jeu (voir De Neufchâteau à Cherbourg, retour à la case publique).

    Ces dérives, relevées par toutes les enquêtes publiques depuis une dizaine d’années, constituent une forme de corruption structurelle, bien plus étendue que les cas d’enrichissement personnel qui éclateront, au début des années 1990, avec les « affaires politico-financières », le financement occulte des partis par les entreprises. Et elles témoignent d’une criante absence de contrôle d’un service public essentiel. La responsabilité des élus, du corps politique dans son ensemble, apparaît écrasante (3).

    Bien sûr, la constitution d’un quasi-monopole par les « trois sœurs » ne représente pas une privatisation au sens strict du terme. Mais les quelque 15 000 syndicats de l’eau qui existent et sont gérés par les communes se trouvent confrontés à la croissance exponentielle des savoir-faire de ces entreprises dans les domaines de la technique, de l’exploitation, de la recherche, de la gestion, du management, des finances, de la relation avec le client... D’un côté une collectivité isolée, qui ne dispose pas des moyens techniques et humains nécessaires, de l’autre un oligopole. Le rapport de forces est par trop inégal.

    Le déséquilibre s’est encore accru dans les années 1980, où plusieurs facteurs se sont combinés pour accroître le recours à ces multinationales : la rigueur croissante des normes européennes, qui exige une plus grande spécialisation, le retrait de la recherche publique dans ce secteur et la montée des déficits publics. Les marchés ont explosé, la richesse de ces entreprises également...

    Amorcée au cours de la décennie précédente, leur emprise s’est ensuite étendue à la quasi-totalité des services publics de base que doit assurer toute collectivité : eau et assainissement, mais également énergie, chauffage, déchets, transports, restauration collective, santé, parkings, pompes funèbres, puis la téléphonie mobile, avec SFR (Bouygues) et Cegetel (Vivendi)... Ainsi la communauté urbaine de Lyon (la Courly) a-t-elle confié la distribution d’eau potable à une filiale détenue à 90 % par Genérale des eaux - Veolia et à 10 % par une filiale d’Ondeo-Suez ; une partie de l’assainissement passe par une autre filiale de la Genérale des eaux, via Dégremont (50 %), et de Suez-Lyonnaise, via OTV (50 %) ; le chauffage et le « froid » urbains par une filiale de la Générale des eaux - Veolia (Dalkia). Quant à la collecte des déchets, une myriade de filiales de la CGE et de la Lyonnaise l’exploitent à hauteur de 50 %...

    Pantouflage à grande échelle

    Dans la décennie 1980, ces groupes ont également investi dans les médias : Bouygues avec TF1, Vivendi avec Canal Plus, et la Lyonnaise avec M6. Ce qui leur donne une force de frappe. Dans le même temps, ils ont érigé le « pantouflage » au rang de vertu cardinale. Ainsi Mme Anne Hidalgo était la numéro 2 de la direction des ressources humaines de la Générale des eaux de 1995 à 1997, avant de devenir en 2001 première adjointe au maire de Paris, M. Bertrand Delanoë. Ex-responsable du Parti socialiste (PS) de la région de Lille, membre du cabinet de Mme Martine Aubry, M. François Colin deviendra responsable des affaires sociales de Vivendi Universal (VU), ex-Générale des eaux, de 1998 à 2003. Le porte-parole pour l’économie et les entreprises de l’état-major de campagne de M. Lionel Jospin en 2002, M. Eric Besson, député PS de la Drôme, dirigeait, quant à lui, la Fondation Vivendi, de 1998 à 2002. Ancien conseiller technique de Charles Hernu au ministère de la défense, M. Jean-François Dubos deviendra secrétaire général de Vivendi Universal en 1997. Responsable de la prospective de VU à partir de 1997, M. Alain Marsaud, député Union pour un mouvement populaire (UMP) de la Haute-Vienne, était le représentant commercial du groupe de communications et de médias pour l’île Maurice  (4). M. Jean-Pierre Denis, patron de Dalkia, la branche énergie de Vivendi environnement, continue, même après son départ, en 1998, de son poste de secrétaire général adjoint de l’Elysée, à prodiguer ses conseils à M. Jacques Chirac. On comprend que Vivendi ait pu être baptisée « Vivier pour Enarques en dIsponibilité »...

    Mais Suez n’est pas en reste. Son directeur général, M. Yves Thibault de Silguy, est un ancien commissaire européen. En 2000, M. Mathias Hautefort, ex-conseiller technique sur les questions énergétiques auprès de M. Christian Pierret, secrétaire d’Etat à l’industrie, intégrait le groupe. Ex-« M. Sondages » de M. Jospin à Matignon, professeur de sciences politiques, M. Gérard Le Gall abandonnait l’université en juillet 2004 pour rejoindre lui aussi le groupe Suez...

    Les classiques oppositions public-privé ou droite-gauche ne font plus sens. Issus des corps des Mines, des Ponts et Chaussées, de l’Ecole nationale du génie rural des eaux et des forêts (Engref), de l’inspection des finances, de l’Ecole nationale d’administration (Ena), les acteurs majeurs du monde de l’eau trustent sans partage les positions de pouvoir. A l’image de ce haut dirigeant de Suez, numéro 3 ou 4 de la hiérarchie réelle du groupe en France : il enseigne à l’Ecole nationale des ponts et chaussées, où sont formés chaque année une promotion de cent vingt futurs ingénieurs, pilote la communication du Syndicat des professionnels de la distribution d’eau (SPDE) qu’ont formé Suez, Vivendi et la Saur, et s’honore d’avoir été membre d’un cabinet ministériel sous un gouvernement de gauche... Ou à l’image de son homologue de Veolia, artisan de la « réponse » de l’entreprise à ses détracteurs altermondialistes, par ailleurs élu du PS. On comprend le peu d’empressement des élites politico-économiques françaises à remettre en cause ces firmes dont le pouvoir d’influence n’a cessé de croître.

    Outre leur force de frappe publicitaire, qui en fait des annonceurs courtisés, ces multinationales s’assurent aussi les services d’officines spécialisées, comme Image 7 et DGM Conseil Strategic, cabinets de relations publiques à la sulfureuse réputation qui pilotent dans l’ombre de violentes campagnes de lobbying auprès des médias et des sphères politiques (5).

    On pourrait aussi prendre l’exemple de Veolia, qui, au printemps 2004, adressait à 23 000 directeurs d’école primaire en France un numéro du journal Mon Quotidien (destiné aux 9-13 ans) avec une affiche sur laquelle « Victor », sa mascotte, expliquait comment, en protégeant notre environnement, nous protégeons aussi notre santé. Même envoi à 22 000 médecins généralistes, mais, cette fois, avec Le Quotidien du médecin. Au même moment, la Générale des eaux diffusait à des milliers de classes de CE2, CM1 et CM2 une nouvelle version de sa « malle pédagogique » née en 1995 et qui propose quinze expériences en sciences et technologies, mais aussi des activités en arts plastiques, en histoire et géographie, en éducation civique et en français.

    Dans un registre voisin, Suez sponsorise depuis une dizaine d’années le Festival international de géographie de Saint-Dié, la plus importante manifestation française dans ce domaine, créé par l’ex-secrétaire d’Etat socialiste à l’industrie, M. Christian Pierret. Des centaines d’enseignants y assistent chaque année, dans le cadre de la formation permanente, et y sont abreuvés par Suez d’informations sur l’eau...

    Toutefois, le marché français saturant, les scandales politico-financiers se succédant, les « trois sœurs » ont senti l’appel du grand large. A l’orée des années 1980, M. Jérôme Monod, président de Suez-Lyonnaise, actuel conseiller de M. Chirac à l’Elysée, se rapproche du président de la Banque mondiale, M. James Wolfensohn. En l’espace de quelques années, un puissant réseau d’influence international va se constituer pour promouvoir la gestion de l’eau à la française, sous l’égide du « partenariat public-privé ». Une dizaine d’institutions voient le jour, à l’image du Conseil mondial de l’eau, qui évangélisent sans peine les institutions financières internationales.

    Depuis lors, la « pensée de l’eau » est devenue doxa : seul le partenariat public- privé sauvera la planète ! Cette marchandisation s’incarne notamment dans les recommandations du « panel Camdessus », formulées peu avant le sommet de Kyoto, en mars 2003 (6). Il s’agit de mobiliser des fonds publics et d’inventer de nouveaux dispositifs qui assureraient la sécurité des investissements privés. Contre les risques de change, par exemple, pour éviter que ne se reproduise un krach comme celui de l’Argentine, où Suez aurait perdu 600 millions d’euros, mais aussi contre tout événement politique ou social qui viendrait menacer... les bénéfices escomptés par l’entreprise à l’issue de son contrat.

    En fait, si ces groupes témoignent de capacités opérationnelles éprouvées, ils bénéficient de financements publics internationaux et pratiquent des tarifications pesant lourdement sur les populations, qui finissent par se révolter. Leur mode de gestion est en fait de plus en plus contesté (7). En février 2002, Vivendi doit se désengager précipitamment des Comores, dont elle avait pris en charge, en 1997, le réseau d’électricité. En dépit d’un apport de fonds initial de près de 80 millions de francs (un peu plus de 12 millions d’euros), offert par des institutions financières internationales, la qualité du service rendu aux usagers s’est très vite dégradée. Vivendi finit par claquer la porte.

    Le 24 janvier 2003, la ville d’Atlanta (Etats-Unis) et United Water (Suez) annoncent la fin du contrat de concession signé entre la ville et le distributeur, en janvier 1999, pour une durée de vingt ans. A peine quinze jours plus tard, le 7 février 2003, Ondeo-Suez annonce son retrait de Manille, aux Philippines, « en raison du refus des autorités locales d’augmenter les tarifs ».

    Avec 6 millions d’habitants concernés, ce contrat octroyé en 1997 pour vingt-cinq ans constituait la plus grande privatisation du monde. Il avait été salué comme le modèle des réformes à venir des services publics et le meilleur moyen d’étendre les services aux pauvres. Ce sont en fait la Banque mondiale et le Fonds monétaire international qui avaient exigé cette privatisation de l’eau, du fait de la difficulté de la régie publique à desservir ses habitants. Mais les résultats s’avèrent désastreux : le prix de l’eau a flambé de 500 % en cinq ans, et a représenté en 2003 10 % du revenu des ménages. La population raccordée au réseau n’a pas augmenté comme prévu. Plus grave encore, une épidémie de gastro-entérites et de choléra s’est déclarée en novembre 2003 dans le quartier de Tondo, géré par le consortium. Elle a fait 7 morts et 700 malades.

    Le 18 février 2003, Vivendi environnement et ses partenaires locaux sont écartés de la gestion de l’assainissement des eaux par un décret du gouverneur de l’Etat brésilien du Parana. Le 24 juin suivant, Suez annonce l’abandon d’un important contrat de gestion des eaux usées à Halifax (Canada), d’un montant de 341 millions de dollars sur trente ans. Selon le groupe, « Suez arrivé à la conclusion qu’il ne pouvait pas respecter le cahier des charges sans un surcoût estimé à 20 millions de dollars ».

    Depuis lors, les choses ne s’arrangent pas. Suez, avec sa filiale Aguas Argentinas, est toujours empêtrée dans la renégociation d’un colossal contrat à Buenos Aires, menacé d’être dénoncé par le président Nestor Kirchner depuis plusieurs années. Suez prétend augmenter les tarifs de ses prestations d’un montant inacceptable pour les autorités argentines. En janvier 2005, ces dernières ont infligé à la multinationale française et à EDF des amendes d’un montant de 2 millions de pesos (500 000 euros) pour non-respect de leurs obligations en matière d’investissements et de qualité du service. Alors ministre des affaires étrangères, M. Dominique de Villepin avait déjà dû intervenir, ès qualités, en mai 2004, pour rappeler à ses « amis argentins » tout « ce que les entreprises françaises ont payé pendant cette période difficile  (8 ». Allusion à la révision, en mars 2004, d’un accord signé avec le Fonds monétaire international (FMI), et à l’appui qu’y avait apporté la France.

    Un marché en pleine restructuration

    Suez, toujours, est impliquée depuis des années dans la mise en place d’une tarification de l’eau à Soweto, à la demande du gouvernement de Johannesburg. Elle doit faire face à une forte mobilisation d’une partie des habitants, qui refusent de payer pour l’accès à l’eau, dans la mesure où le gouvernement sud-africain a érigé ce dernier au rang de droit constitutionnel...

    De plus, et en dépit des engagements répétés de la communauté internationale, l’argent promis pour l’eau fait défaut. Rétrospectivement, nombre d’analystes stigmatisent l’euphorie économique de la fin des années 1990, qui, à l’image de la bulle Internet, aurait précipité la course à la croissance mondiale des majors de l’eau... Plusieurs initiatives se sont finalement révélées catastrophiques dans des pays confrontés à des crises monétaires, comme en Argentine, et conduiront les majors à se retirer de nombreux projets trop risqués. Un paradoxe pour les apôtres de la liberté d’entreprendre, indéfectiblement liée à la « prise de risques »...

    Toutefois, ce marché, qui existe bel et bien, se restructure à marche forcée. De nouveaux acteurs s’y aventurent. Parmi lesquels, ironie de l’histoire, plusieurs firmes publiques déjà présentes dans le secteur de l’eau, à l’image des puissantes Stadtwerke municipales en allemagne ou d’opérateurs publics italiens. Mais aussi des firmes du bâtiment et des travaux publics, et des conglomérats qui émergent notamment dans le Sud-Est asiatique comme en Allemagne ou en Espagne. Au-delà, c’est la mission même des grands opérateurs privés contrôlant l’ensemble de la chaîne, de la production à la distribution, qui est aussi remise en cause. Désormais, l’entreprise privée n’intervient plus que ponctuellement pour assurer des prestations limitées. Et de nombreux acteurs industriels (des ingénieristes américains, allemands, japonais, britanniques...) le disputent aussi aux majors françaises sur ce terrain (9).

    Enfin, la configuration actuelle du « marché de l’eau » est aussi de plus en plus bouleversée par l’apparition de celui de l’eau en bouteille, qui connaît des taux de croissance à deux chiffres... Le pouvoir sans partage des trois majors françaises ne serait donc pas aussi assuré qu’on pouvait le penser. En France même, leur âge d’or touche peut-être à sa fin (10). Nombre de collectivités finissent, sous la pression des usagers, par exiger davantage de transparence.

    Mais, si l’on en croit cette réflexion que nous fait un cadre de Veolia, les vieux réflexes perdurent : « Depuis quelques années, les anciens pays de l’Est sont devenus l’eldorado. Les infrastructures existent, même si elles doivent être rénovées. Côté clientèle, ce sont 100 millions de personnes qui auront peu ou prou rejoint les standards de niveau de vie européens d’ici dix à quinze ans. Avec comme interlocuteurs une majorité d’anciens apparatchiks avides de goûter aux bienfaits du libéralisme, et sans oublier des financements européens aisément mobilisables, nous avons encore de bonnes années devant nous... »

    Pour l’Afrique, hormis la création récente de trois joint-ventures par Veolia au Gabon, au Niger et au Maroc, dont la solvabilité est garantie par des financements internationaux, on attendra.

    Marc Laimé.

  • Pourquoi l'eau ?

    Pourquoi l'eau ?

    Qu'elle soit accidentelle ou chronique, la pollution de l'eau est partout, visible ou insidieuse. Des régions entières en France ne disposent plus d'eau potable au robinet. Qui pollue? Certes, les industries et l'agriculture mais aussi chacun de nous. Que ce soit les gaz d'échappement de nos voitures qui émettent du plomb, des hydrocarbures... que ce soit nos lessives, nos nettoyants ménagers, nos produits de jardin ... Chaque jour nous polluons l'eau si nous n'y prenons pas garde. Utiliser des produits non toxiques biodégradables n'est pas un luxe mais un choix responsable. Ne pas utiliser de produits chimiques dans son jardin n'est pas une facilité mais une action consciente et un respect de l'eau, de la nature et de soi.

    Le Centre terre vivante vous propose quelques idées et outils pour mieux gérer l'eau.

    La gestion de l'eau au Centre terre vivante

    Economiser l'eau

    Nous ne sommes pas relié au réseau communal d'eau. Un forage à faible débit et des systèmes de récupération de l'eau pluviale nous approvisionnent en eau. Nous l'utilisons parcimonieusement

    On peut apprendre à économiser l'eau à la maison et au jardin. Exemples d'économies d'eau : toilettes à compost,chasse d'eau à économiseur d'eau, récupération de l'eau de pluie, au jardin : paillage...

    Ne pas la polluer

    Nous n'utilisons que des détergents biodégradables et bien sûr pas de produits chimiques au jardin...

    L'épurer par des moyens naturels

    L'épuration des eaux usées est réalisée par des filtres plantés de roseaux. Ce procédé, entièrement naturel, permet d'épurer l'eau sur une surface réduite (2 m2 par habitant). L'installation du Centre terre vivante, prévue pour l'équivalent de 150 habitants permanents, comprend deux bassins de 150 m2 chacun. Les eaux usées sont recueillies après épuration, dans une mare et sont réutilisées pour l'arrosage en cas de besoin.

    A voir au Centre terre vivante :

    le circuit de l'eau : un parcours pour comprendre comment économiser l'eau, ne pas la polluer, l'épurer et la récupérer
    des toilettes à compost
    la récupération de l’eau de pluie
    des économiseurs d’eau pour la maison
    l’épuration des eaux par filtres à roseaux
    des mares naturelles et des zones humides

    Pour en savoir plus, vous pouvez lire aux Editions terre vivante :

    Le guide malin de l'eau au jardin
    L'eau à la maison
    nos fiches ressources
    notre revue Les Quatre Saisons du jardinage

    Mis à jour le 13-Jul-2006

    Terre Vivante - Domaine de Raud - 38710 MENS - FRANCE
    Tél :
    33 (0)4 76 34 80 80  -  Fax : 33 (0)4 76 34 84 02  -  email : info@terrevivante.org

  • GreenGeneration est une toute nouvelle association belge sans but lucratif

    Bonjour ! GreenGeneration est une toute nouvelle association belge sans but lucratif qui a pour but d’encourager la diffusion des produits et des services respectueux de l'environnement, de la santé et du bien-être. Vous le savez sûrement, si tout le monde consommait autant que les européens, il faudrait plus de 3 planètes pour subvenir aux besoins équitables de chacun et si le monde entier voulait arriver au niveau de vie moyen des Etats-Unis, il en faudrait 5!Or nous n'avons qu'une seule petite planète…Et actuellement, nous consommons beaucoup trop pour prétendre à un avenir durable sur elle. Sur base de ce constat, que nous sommes de plus en plus nombreux à partager, il est évident qu'il faut changer nos habitudes de consommation.Depuis quelques années déjà, des sociétés et des associations l'ont compris et proposent des produits et des services qui respectent au mieux notre environnement:Produits Bio, commerce équitable, énergie renouvelable, réduction des déchets inutiles, mobilité douce, labels, etc.C'est tout ce joli petit monde que GreenGeneration entend promouvoir, afin de sensibiliser, d’informer et de faire réagir le plus rapidement possible l’ensemble des citoyens. 'Consommer moins mais consommer mieux''La qualité plutôt que la quantité' Pour y arriver, GreenGeneration propose un site web :http://www.greengeneration.besur lequel le visiteur retrouve une large gamme de produits et de services à caractère durable. A ce titre, vous êtes dores et déjà présent sur le site ! Vous pouvez bien entendu vérifier les informations que nous mettons en ligne. Nous vous invitons d’ailleurs à réagir dès à présent.Si vous désirez voir apparaître votre logo à la place de l’image par défaut (No Picture), veuillez nous envoyer votre logo (sur fond blanc), par e-mail : info@greengeneration.be Le site contient également une série d'outils comme par exemple l’AGENDA.Il compte rassembler tous les événements belges annuels liés à l'éco-consommation : expositions, foires, semaines ou journées spéciales, conférences, meeting, etc.Nous vous invitons à nous faire connaître tout événement qui y trouverait sa place par e-mail : info@greengeneration.beVous pouvez également utiliser l’espace PARTENAIRES de GreenGeneration, et ainsi encore accroître votre visibilité par votre logo et un texte supplémentaire qui présente votre initiative. Vous trouverez plus d’informations sur le sujet dans la page : Participation. Et enfin, nous vous demandons de bien vouloir ajouter GreenGeneration dans votre liste de liens ou de sites amis, car vous le savez : « l’Union fait la Force » ! En vous remerciant de votre initiative positive, nous espérons bientôt recevoir de vos nouvelles en vue d'une collaboration durable ! Très cordialement,  

    L’équipe GreenGenerationeneration propose un site web