• l’eau, un enjeu de puissance pour la Turquie

    Géopolitique : l’eau, un enjeu de puissance pour la Turquie



    AFP, 20 mars 2005, Inégalement répartie, l’eau constitue une richesse fondamentale au Proche-Orient et fournit à la Turquie, forte de 26 bassins fluviaux, un argument de poids dans ses relations avec ses voisins du sud, l’Irak et la Syrie.

    Les signes de démocratisation dans la région offrent depuis peu un espoir pour un règlement à l’amiable du partage de l’eau, estiment les spécialistes.

    A eux seuls, le Tigre et l’Euphrate, fleuves mythiques qui prennent leur source en Turquie, fournissent un tiers des eaux de surface du pays.

    Sa position donne à la Turquie le contrôle des deux cours et lui permet d’utiliser l’eau en premier, au mieux de ses propres besoins agricoles et industriels. La Syrie et l’Irak sont ainsi dépendants d’un pays tiers pour une ressource vitale.

    En 1981, la Turquie s’est lancée dans la construction d’un gigantesque complexe hydraulique, appelé le projet du sud-est anatolien (GAP), incluant le barrage Ataturk, cinquième plus grand barrage du monde.

    Après son achèvement, prévu pour 2010 mais plus vraisemblablement 2020 par manque de fonds, le GAP doit contribuer au développement d’une des régions les plus pauvres de Turquie. Mais il devrait aussi entraîner une diminution du débit de l’Euphrate, à hauteur de 40% pour la Syrie et de 90% pour l’Irak.

    La Turquie contrôle 88% du débit de l’Euphrate et environ 50% de celui du Tigre, ce qui lui sert d’argument pour proclamer son droit d’un usage libre et indépendant de l’eau qu’elle contrôle.

    L’immense projet du GAP se heurte à l’hostilité de Damas et de Bagdad, qui accusent la Turquie de les priver d’une quantité importante d’eau en menant ce projet, reproche rejeté par Ankara qui avait appelé la Syrie à moderniser ses capacités archaïques d’irrigation.

    En 1987, Ankara et Damas ont signé un accord garantissant le passage d’au moins 500 m3/seconde, c’est-à-dire la moitié du débit total, à charge pour la Syrie et l’Irak de partager ensuite les ressources.

    Il n’existe aucun traité de partage des eaux entre les pays riverains et, en matière de droit international, il n’existe pas un régime uniforme organisant un tel partage. Turcs, Syriens et Irakiens font partie d’un comité technique sur l’eau depuis 1992, mais les négociations n’ont pas progressé.

    Cependant, le réchauffement des relations entre la Turquie et la Syrie depuis qu’elles ont signé en 1998 un accord de sécurité -après avoir été au bord de la guerre en raison du soutien de Damas aux séparatistes kurdes de Turquie- et le changement de régime en Irak ont réduit les craintes mutuelles, selon les experts.

    "Les changements dans la région ont créé un meilleur environnement pour discuter de la question de l’eau", assure un diplomate turc sous couvert d’anonymat.

    Le professeur de relations internationales Huseyin Bagci estime pour sa part que "le problème persiste" mais que les moyens de le surmonter ont considérablement changé grâce à la démocratisation de l’Irak et la politique de transparence prônée par Damas qui sont un "atout pour la Turquie".

    "La question va être discutée sans que les protagonistes ne se sentent mutuellement menacés", a-t-il ajouté.

    La Turquie tente aussi depuis une dizaine d’années de monnayer cette précieuse richesse dans le cadre d’un projet de vente de l’eau du fleuve Manavgat, près de la ville portuaire d’Antalya, sur la Méditerranée, baptisé "l’Eau de la paix". Israël et la Jordanie sont des clients potentiels.

  • Il y est déjà question d’eau...

    Le philosophe grec, né en 427 avant J.-C., est mort en 348, alors qu’il écrivait son ultime réflexion sur l’art de vivre ensemble. Il y est déjà question d’eau...

    L’eau est, de tous les aliments du jardinage, assurément le plus nourissant, mais elle est facile à corrompre : ni la terre, en effet, ni le soleil, ni les vents, qui nourissent les plantes, ne sont faciles à perdre par des drogues, des dérivations ou même des vols mais l’eau est, de nature, exposée à tous ces inconvénients : aussi faut-il une loi pour la protéger. Voici donc cette loi : quiconque détruira volontairement chez autrui l’eau de source ou de citerne, soit en la droguant, l’arrêtant dans des fosses ou la volant, sa victime le citera devant les astynomes (1) en déclarant par écrit le montant du dommage. Celui qui sera convaincu de torts causés par des drogues, devra non seulement payer l’amende, mais en outre purifier les sources de l’eau ou la citerne en se conformant aux règles formulées impérativement, pour cette purification.

  • A plein nez : le marché des odeurs

    A plein nez : le marché des odeurs

    En caricaturant un peu, on peut affirmer que le consommateur est mené "par le bout du nez". En effet, nombre de nos choix de consommation sont influencés par les odeurs, comme celle du café ou du pain chaud dans un supermarché le matin, le parfum du cuir dans un magasin de vêtements, ou encore l’odeur fraîche et "provençale" des produits d’entretien... Toutes ces odeurs nous poussent, inconsciemment, à l’achat.

    Les parfums nous permettent aussi d’agrémenter notre intérieur, de lutter contre les mauvaises odeurs, ou, tout simplement de sentir bon. Mais toutes ces effluves ne sont pas inoffensives.

    Quelques pages pour vous mettre... au parfum.

    Le parfum accompagne la vie des hommes depuis des millénaires : il est présent dans les différentes "grandes" civilisations qui ont jalonné l’Histoire (on le retrouve dès la civilisation égyptienne). Son importance est grande dans de nombreuses religions, où il est considéré comme une substance de purification. Cette pratique est perpétuée notamment par la religion chrétienne, avec l’encens.

    Le parfum a rapidement quitté la sphère religieuse pour devenir un instrument de plaisir et de séduction. Il est également associé à la médecine et à l’hygiène, même si, à la Renaissance, l’hygiène recule sous la pression du clergé et des médecins, craignant notamment une transmission des maladies par l’eau. Les parfums servaient alors à masquer les odeurs corporelles.

    Qu’est-ce qu’une odeur ?

    Les odeurs sont des molécules chimiques disséminées dans l’air que nous respirons. En effet, de part leurs propriétés chimiques, les parfums sont très volatils et se répandent facilement. On connaît plus de 6000 substances parfumantes naturelles et synthétiques, et un parfum peut être constitué de 20 à 800 substances différentes !

    Le marché des odeurs

    Auparavant, on utilisait des parfums pour des circonstances particulières. Mais actuellement, tout est parfumé. Le linge sent bon lorsqu’il sort de la machine à laver. On se parfume, parfois quotidiennement et non plus uniquement lors de sorties et autres fêtes. On désodorise les litières pour chats, on parfume le papier toilette, l’aspirateur, la voiture, les WC... on parfume même sa maison. Les parfums se sont immiscés dans de nombreux produits de consommation courante !

    Des parfums sont même parfois ajoutés dans un produit pour masquer l’odeur de certains ingrédients, ou tout simplement pour que le produit dégage une odeur agréable. Le "marché des odeurs" est vaste et rapporte gros ! Diffuseurs, vaporisateurs, plaquettes WC, tissus parfumés, diffuseurs de parfum et d’innombrables senteurs pour rafraîchir et embaumer : la gamme est large et proposée dans une multitude de conditionnements. On a le choix de l’odeur !

    Cela dit, une odeur ne sera pas appréciée de la même façon d’une personne à l’autre. Les uns trouveront ce parfum agréable alors qu’il en incommodera d’autres. Quoi qu’il en soit, agréables ou non, les odeurs influencent notre bien-être et même notre comportement, jusqu’à stimuler notre acte d’achat en agissant sur notre inconscient (du moins pour les odeurs qui nous sont agréables !).

    L’odorat a d’ailleurs une grande importance dans le règne animal. Les animaux se servent des odeurs pour connaître leur environnement, pour marquer leurs préférences et leur territoire. Mais l’odorat humain est également important : bien qu’il soit moins aigu que celui des animaux, ses seuils de perception descendent bien en dessous de la limite de détection de certains analyseurs chimiques et autres "nez électroniques" perfectionnés.

    Mauvaises, les odeurs ?

    Tous ces parfums, aussi agréables soient-ils, représentent souvent un risque pour l’environnement ou notre santé. Les odeurs, ou plutôt les molécules qui les composent, peuvent avoir un impact sur l’environnement mais aussi se révéler allergisantes, irritantes, toxiques, voire cancérigènes. Malheureusement, tous ces effets sur la santé et l’environnement sont souvent ignorés des consommateurs, qui associent les parfums à des substances anodines qui procurent plus de plaisir que de désagrément.

    Impacts environnementaux

    En ce qui concerne l’environnement, toutes ces molécules odorantes sont polluantes à l’extraction et/ou à la synthèse. Leur impact environnemental s’ajoute à celui des produits de consommation courante, comme les shampooings ou les nettoyants ménagers. En effet, ces molécules parfumantes, une fois dans nos eaux usées, ne sont pas éliminées par les traitements d’épuration de l’eau. Certaines d’entre elles perturbent même la croissance des organismes aquatiques ou sont carrément toxiques.

    De manière générale également, les animaux peuvent êtres perturbés par les vapeurs odorantes dégagées par les parfums. En effet, elles interfèrent avec leurs odeurs et leurs phéromones (molécules odorantes servant, dans les grandes lignes, à la communication au sein d’une espèce animale).

    Enfin, lors de la production, certaines substances naturelles utilisées en parfumerie nécessitent parfois l’abattage de nombreux animaux, ou leur détention dans des conditions difficiles.

    Les parfums

    Les parfums contiennent des composés organiques volatils (COV) qui se dispersent immédiatement dans l’air. Ils contribuent alors à la pollution à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments ("indoor" et "outdoor" pollution), en participant à la formation du smog photochimique et à la formation d’ozone troposphérique.

    Comme nous l’avons vu, un parfum est généralement un mélange de plus de cent composants différents. Bien souvent, toutes les molécules n’ont pas été testées d’un point de vue toxicologique et écotoxicologique.

    Risques sur la santé...

    Du point de vue "santé", les odeurs n’ont pas seulement des effets sur la peau, le système respiratoire, les émotions et les sensations, mais ont également des effets physiologiques (augmentation de la pression artérielle, ralentissement des battements du coeur...) et des effets semblables à ceux des drogues ou de l’alcool. Certains parfums sont d’ailleurs remis en cause par des associations de consommateurs aux USA ou en Suisse pour leurs effets allergisants et toxiques à long terme.

    Les parfums

    Les parfums, très volatils, se dispersent rapidement dans l’air. Ils peuvent donc facilement entrer en contact avec les voies respiratoires. Ils sont incriminés dans les problèmes d’asthme, de rhinites et de migraines. Une étude suédoise a montré que 72% des asthmatiques étaient sensibles aux parfums. On peut donc les considérer comme des polluants de l’air à l’intérieur de l’habitation. Les substances les plus sensibilisantes sont l’isoamyl acétate, le limonène, le cinnamaldéhyde et le benzaldéhyde.

    En fortes concentrations, les parfums sont assez irritants. Mais, même très dilués, ils peuvent provoquer des réactions allergiques (notamment au niveau de la peau : eczéma de contact).

    Au Japon, des études ont permis de classer les substances odorantes en quatre classes : a, b, c et d. Les classes a et b correspondent aux substances les plus sensibilisantes. D’ailleurs, au Japon, on recommande d’utiliser uniquement des substances d et c comme parfum dans les cosmétiques en contact avec la peau.

    Les substances naturelles contenues dans les huiles essentielles (molécules odorantes extraites des plantes) peuvent parfois se révéler toxiques (par ex. : cyclamen, aldéhyde, safrole, méthyl eugénol...). Ces deux dernières sont cancérigènes.

    D’autres produits, comme les huiles d’eucalyptus, sont modérément irritants pour la peau et les yeux. Elles provoquent rarement des allergies de contact, mais lorsque des allergies surviennent, c’est à des concentrations très faibles (de l’ordre de 2%).

    D’après l’EPA (Environmental Protection Agency - agence de protection environnementale aux Etats-Unis), les bougies et l’encens sont aussi des sources de pollution à l’intérieur de l’habitat. En effet, divers contaminants comme le toluène et le styrène sont libérés et parfois même générés par la combustion de ces produits. Des composés aromatiques volatils sont également relâchés : benzène, naphtalène, acétaldéhyde etc. Il y a également libération de particules.

    Les bougies avec une mèche contenant du plomb libèrent des particules de plomb lors de la combustion (à des concentrations supérieures à celles recommandées par l’EPA). Parfois c’est du zinc ou de l’étain qui sont utilisés pour rigidifier la mèche, mais le zinc et l’étain semblent ne pas causer de problème.

    Une étude dans des conditions limites d’utilisation (30 bougies brûlant pendant trois heures dans une pièce de 40m3) a montré que les bougies dégagent de l’acroléine, du formaldéhyde et de l’acétaldéhyde (composés organiques) dans des concentrations supérieures aux recommandations de l’EPA (mais en dessous des valeurs limites d’autres organisations).

    L’exposition aux fumées d’encens (benzène et particules) provoquerait divers troubles de la santé : toux, asthme et dermatoses de contact. Certaines études indiquent un possible effet mutagène et génotoxique. Ce sont les enfants qui sont les plus sensibles. L’encens augmente également le taux de CO présent à l’intérieur de la maison (le CO, ou monoxyde de carbone, est le gaz "tueur silencieux" des appareils de chauffage mal réglés).

    Les désodorisants d’intérieur ne sont pas inoffensifs non plus. Des études sur des animaux ont montré qu’après exposition à une dose normale d’un produit vendu dans le commerce, les individus souffraient d’irritations de la peau et des poumons, d’un ralentissement de la respiration et de comportements anormaux.

    Enfin, les blocs-WC contiennent du dichlorbenzène ou paradichlorobenzène qui est irritant pour les yeux, la peau et les voies respiratoires. Il peut avoir des effets sur le sang et le système nerveux central, entraînant une insuffisance fonctionnelle et une anémie hémolytique (les globules rouges sont détruits plus rapidement que la moelle osseuse ne peut en fabriquer.) À long terme, le paradichlorobenzène peut avoir des effets sur le foie, les reins. Il peut être cancérigène pour l’homme.

    Ces blocs contiennent également du troclosène de sodium dihydrate (dichloroisocyanurate de sodium), qui dégage du chlore gazeux au contact de l’eau et de l’urée (composant principal de l’urine). C’est un produit corrosif, inflammable, irritant pour les yeux et les voies respiratoires. Les blocs WC contiennent donc des substances toxiques pour les organismes aquatiques et les écosystèmes "eau" en général. Ces composés sont pourtant rejetés dans nos cours d’eau chaque fois que l’on tire la chasse... (si l’on utilise des blocs-WC bien entendu).

    Parfums alternatifs

    On l’a vu, parfums et produits parfumés ne sont pas des substances anodines pour la santé et l’environnement. Il s’agit donc de les utiliser de manière rationnelle et d’en bannir certains de notre consommation, ou de les remplacer par des alternatives moins toxiques. Mais comment faire ?

    Tout d’abord, il faut garder à l’esprit que le meilleur moyen de désodoriser est l’aération, de préférence en créant un courant d’air entre deux fenêtres. Mieux vaut évacuer les mauvaises odeurs que de les recouvrir par d’autres...

    D’autre part, il vaut mieux parfumer ses vêtements et éviter le contact direct des parfums avec la peau. De même, pour diminuer votre exposition aux parfums (et celle des autres peut-être plus susceptibles aux problèmes respiratoires), il est préférable d’éviter de se parfumer plusieurs fois par jour et trop abondamment.

    Les blocs WC sont à bannir de notre consommation : ils sont polluants et d’une efficacité très limitée.

    Les huiles essentielles sont également sujettes à caution. Elles ne sont à utiliser que pour les applications pour lesquelles elles sont explicitement prévues. Les huiles essentielles destinées par exemple aux inhalations ne peuvent pas être utilisées pour d’autres applications. Elles ne peuvent pas être utilisées pures sur la peau, ou diluées dans un bain. Ce n’est pas parce qu’un produit est naturel qu’il est inoffensif pour la santé...

    L’aromathérapie (se soigner avec des huiles essentielles) est donc à manier avec précaution également. Si elle a participé à l’engouement pour les huiles essentielles, que l’on trouve un peu partout et dans toutes les qualités, mieux vaut consulter un spécialiste et s’en remettre à ses conseils plutôt que de se soigner soi-même "à l’aveuglette".

    Le risque peut également provenir des "odeurs banales de la maison". De fait, il faut préférer les bougies non parfumées et éviter les désodorisants et parfums d’intérieur. De même, lorsque l’on fait brûler un bâton d’encens, il faut bien aérer. De manière générale, aérer chaque jour pour éliminer les pollutions à l’intérieur de l’habitation est une nécessité.

    En outre, des gestes simples et quelques substances naturelles employées à bon escient, peuvent remplacer efficacement l’arsenal chimique des désodorisants. Aucun diffuseur de parfum "chimique" ne remplace un bouquet de fleurs ou quelques pétales séchés mêlés de fruits et d’épices.

    Dans la cuisine, l’installation d’une hotte permet d’éliminer la plupart des odeurs qui peuvent se dégager lors de la cuisson des aliments ainsi que la vapeur d’eau produite. Cela évite de rester dans une ambiance humide de "steak-frite" pour le reste de la soirée, du moins si la cuisine n’est pas physiquement séparée du salon.

    Quelques trucs

    Les enfants prépareront avec plaisir une "pomme d’ambre" : une orange dans laquelle ils piqueront des clous de girofle. Le fruit peut être enrubanné et accroché dans la pièce. Il dégage une odeur acidulée rafraîchissante et se conserve très longtemps. Pour diffuser un léger parfum épicé, on peut aussi remplir un sac de toile de clous de girofle.

    On peut également parfumer légèrement une pièce en déposant quelques gouttes d’huile essentielle sur une ampoule électrique allumée (attention, c’est chaud !), sur un papier buvard ou dans une soucoupe placée sur un radiateur. On peut également utiliser des diffuseurs de parfums naturels, brûler un peu de papier d’Arménie ou des bâtons d’encens (tout en gardant à l’esprit les précautions d’usage vues ci-dessus).

    Certaines plantes vertes, comme la citronnelle, dégagent un parfum agréable qui peut contribuer à masquer les mauvaises odeurs. À placer dans les toilettes, par exemple.

    Enfin, si nous ne pouvons nous passer du "pschitt", optons pour le vaporisateur manuel, rechargeable ; c’est sans conteste le moyen le plus écologique pour pulvériser un produit et aussi le plus sûr. En effet, les gaz propulseurs des aérosols - s’ils sont maintenant inoffensifs pour la couche d’ozone - sont hautement inflammables, surtout lorsqu’ils sont utilisés près d’une flamme ou d’une source de chaleur.

    Nouveaux-nez ?

    A force de parfumer à qui mieux-mieux, notre nez ne sait plus où donner de la narine... et par la même occasion, risque d’être victime de cette profusion d’odeurs. Il ne sera pas le seul : notre santé en général et l’environnement risquent, eux aussi, d’en pâtir. S’il n’est pas toujours aisé de connaître les conséquences exactes de toutes ces "odeurs", mieux vaut prendre ses précautions. A nous de parfumer à bon escient...

    Dossier réalisé sur base d’une étude du Réseau Eco-consommation conduite par Muriel Piazza.

    Lire les étiquettes ?

    Bien qu’il n’y ait pas de réglementation spécifique sur les parfums et les substances odorantes, le marché des odeurs est soumis à plusieurs réglementations en fonction du produit auquel on a adjoint un parfum : produit d’entretien, cosmétique...

    Par exemple, une recommandation européenne des années 80 invite les fabricants de produits d’entretien à base de tensioactifs (détergents) à indiquer la présence de parfum sans en donner le nom spécifique.

    Un projet de directive propose l’indication de la présence des parfums nitromusqués et des muscs polycycliques sur l’étiquette des produits détergents. Mais ce projet de directive n’est pas encore adopté.

    La réglementation sur l’étiquetage des substances dangereuses est également d’application pour les produits d’entretien (pas pour les cosmétiques) et oblige le fabriquant à indiquer des symboles de danger et des phrases de risques si certaines substances font partie de la formulation du produit. Certaines des substances reprises dans la directive sont soumises à des limites de concentration.

    Pour ce qui concerne les cosmétiques, il y a obligation d’indiquer la composition qualitative des produits, mais aucune obligation de détailler les ingrédients faisant partie de la substance odorante. Ce serait d’ailleurs fort difficile car certaines substances odorantes ne contiennent pas moins de 600 ingrédients différents. La présence de substances odorantes est dès lors renseignée par le mot "parfum". Il existe des lignes de cosmétiques ne contenant pas de parfums. De plus, cette directive interdit certaines substances odorantes dans les cosmétiques (musc tibétaine, furocoumarine...).

    Le domaine de la parfumerie et des odeurs est donc très peu réglementé, mais il y règne une certaine autorégulation. En effet, l’Association Internationale de la Fragrance (IFRA) a élaboré un code de bonne pratique.

    De même, le RIFM (Institut de Recherche pour les Substances odorantes) a préparé des monographies toxicologiques pour 1200 matières premières de parfumeries, car il n’y a aucune obligation légale de tester des produits odorants avant de les mettre sur le marché.

    Principales références bibliographiques

    "Le marché des odeurs", document de travail, Réseau Eco-consommation, 2002.
    Fiche conseil n°21 "
    Chasser les mauvaises odeurs", Réseau Eco-consommation.
    "Frequently asked questions" Fragranced products information network,
    http://www.fpinva.org
    "Environmental and health assessment of substances in household detergents and cosmetic detergents products, fragrances", Danish Environmental Protection Agency,
    http://www.mst.dk/udgiv/publications<
    "Environment"
    http://www.fpinva.org

  • "Ecover, le manuel", Peter Marchand