• Jacques Charlier

    Jacques Charlier
    REPLAY
    peinture post-néo-rétro

    Galerie  Triangle Bleu   

     

    Notre époque est dominée par la peur. C’est pourquoi elle ressasse sans arrêt le passé pour reprendre des forces. Calfeutré entre la télé réalité et les rediffusions, on rêve d’échapper au futur en écoutant des jeunes stars recycler les standards d’antan. Chaque décennie est dépecée systématiquement, des fifties à nos jours. Ce procédé induit évidemment aussi l’art actuel, où se retrouve des reprises oubliées des années septante que l’on vous sert au premier degré argent comptant, en occultant les origines. Pour Charlier, les modes et les styles sont des outils comme les autres, propres à illustrer ses idées. Dans le cas présent, il donne à voir trois séries de travaux bien distincts, où voisinent des clichés picturaux empruntés au minimalisme, à l’expressionnisme et au pop’. Ces étranges métissages décalés bousculent la nostalgie dans ses derniers retranchements, car depuis septembre 2001, l’art n’est plus vraiment comme avant. Les galeries de Manhattan, de Düsseldorf et de Milan ont fait place aux collections d’industries boostées par les salles de vente de prestige. Cette pyramide inversée déboussole profondément le gros de la troupe qui ne sait plus à quel saint se vouer. L’art, quant à lui, a déjà mis les voiles, au loin dans une perspective toujours aussi cavalière.

    Debby Hunter

    Galerie Triangle Bleu
    Cour de l'Abbaye, 5
    4970 Stavelot
    Tél : 08/086.42.94

    website du lieu de l'événement:
    http://www.trianglebleu.be/
    e-mail du lieu de l'événement:
    info@trianglebleu.be

  • Weleda et la culture biologique des roses

    Weleda et la culture biologique des roses



    Isparta est le chef-lieu de la province homonyme située dans le sud-ouest de la Turquie. La ville est nichée au cœur d’une vallée au bord d’un grand lac, tandis que les montagnes se profilent au loin. Les habitants de la vallée cultivent depuis bien des générations des roses odorantes particulières destinées à la production d’huiles essentielles. A ce titre, elle est la région des roses par excellence en Turquie. L’huile à la rose de Weleda en est également originaire. Il n’y a pas si longtemps, les roses étaient encore cultivées selon les techniques usuelles. Aujourd’hui, grâce à Weleda, la culture des roses est biologique. C’est le résultat d’un projet de coopération particulier entre Weleda, un ingénieur agronome turc et Sebat Ticaret, un cultivateur de roses du petit village de Senir. Comment ce projet a-t-il vu le jour ?

     

    Vu le vif succès rencontré par les produits à base de rose musquée, Weleda a besoin en moyenne 1.100 litres d’huiles essentielles de rose chaque année. 1.650 tonnes (1.650.000 kilos) de roses sont nécessaires pour récolter cette quantité, soit un cinquième de la production mondiale totale de roses odorantes particulières telles que la rose de Damas (Rosa damascena) et la rose centfeuille (Rosa centifolia). Nous aimerions que la totalité des roses soient cultivées selon les méthodes de l’agriculture biodynamique ou du moins biologique, ce qui est pratiquement irréalisable pour de telles quantités. La seule possibilité serait de prendre l’initiative en tant qu’acheteur et de lancer un projet en vue de convertir les cultivateurs de roses à la culture biologique.

    Un climat idéal

    ‘Dans le cas présent, les cultivateurs de roses sont surtout des petits cultivateurs des villages voisins d’Isparta. Ils disposent d’une surface de 1.000 mètres carrés environ sur laquelle ils cultivent amandiers, pommiers, abricotiers, raisins et roses. Les parcelles sont disséminées dans la vallée. A proximité des montagnes, les roses profitent de l’air sec du climat de montagne. Plus l’on se rapproche du lac, plus l’air est humide et plus les moisissures ont tendance à se développer. Néanmoins, en général, le climat de la vallée d’Isparta est propice à la culture des roses. On y enregistre peu de précipitations, l’hiver y est court et les journées d’été sont chaudes pour refroidir en soirée. Ainsi, les rosiers sont forts et sains et dès lors moins exposés aux maladies et aux parasites.

    Pourtant, ils étaient traités jusqu’il y a peu à l’aide de pesticides synthétiques et d’engrais artificiel. Les cultivateurs n’ont pas les moyens de suivre une formation en agronomie et ignorent donc généralement ce dont les roses ont besoin pour rester saines ainsi que la manière dont les maladies et les carences apparaissent. Ils prennent exemple sur leur père ou reproduisent les habitudes d’un voisin.

    « C’est bien dommage car ce faisant, ils perturbent l’équilibre naturel du sol et de la plante. Tous ces produits artificiels ne sont absolument pas nécessaires. Le compost naturel et les aides biologiques sont bien suffisants. » Tel était le message de Bas Schneiders, acheteur pour le Groupe Weleda, qui s’est rendu à Isparta en septembre dernier et en mai de cette année afin d’informer les cultivateurs des possibilités de culture biologique. Les cultivateurs rassemblés pour l’occasion dans la grande salle de l’hôtel de ville ont entendu parler de méthodes de culture biologique pour la première fois de leur vie. Il leur a également été dit que Weleda garantirait une relation commerciale durable et un prix supérieur s’ils pouvaient produire des roses biologiques. Néanmoins, la conversion comporte des risques, surtout lorsque l’on ne sait pas dans quoi on se lance. Après la réunion, les cultivateurs ont abondamment débattu de la question aux salons de thé du coin.

    Réaction enthousiaste

    Comment Weleda et les cultivateurs se sont-ils rencontrés dans la campagne turque ? Le cultivateur et acheteur Hüseyin Kinaci du petit village de Senir a joué un rôle important dans cette rencontre. Au contraire de la plupart des cultivateurs de la région, son père a fait de la culture des roses une entreprise spécialisée. Hüseyin l’a ensuite développée et étendue. Aujourd’hui, son fils aîné tient les rennes tandis que son épouse organise la récolte et le ramassage des roses. Outre ses cultures, Hüseyin achète également les roses de ses voisins pour les transformer en huiles essentielles. Il leur paie déjà en décembre la moitié de la récolte du mois de mai de l’année suivante de sorte que les cultivateurs puissent passer les difficiles mois d’hiver.

    Il y a un an, Hüseyin a envoyé un représentant chercher des clients en Europe afin que les cultivateurs dépendent moins des intermédiaires. C’est ainsi qu’il a pris contact avec Weleda. Lorsque nous avons lancé l’idée d’un projet de culture biologique, l’enthousiasme du représentant a été immédiat. Le projet ne profiterait pas seulement à l’environnement naturel d’Isparta ; les cultivateurs auraient la possibilité de suivre une formation, d’accroître leurs revenus et d’écouler leurs roses avec certitude. Hüseyin est parvenu à convaincre Sebat Ticaret et a acheté 25 hectares supplémentaires pour y planter des roses biologiques. De même, il s’attache à convaincre ses collègues cultivateurs des villages bordant le lac des avantages de la culture biologique des roses. A ce jour, plus de nonante cultivateurs ont accepté la conversion. Avec le rendement de son entreprise, la récolte devrait atteindre 300.000 à 400.000 kilos de roses biologiques par an, soit 200 à 270 litres d’huile de roses biologiques.

    Michael Straub, jardinier de Weleda en Allemagne, s’est rendu en Turquie en mai de cette année en vue d’initier les cultivateurs d’Isparta à la culture biologique. Son ancienne fonction de conseiller de Demeter lui avait déjà permis d’accumuler de l’expérience dans les projets de conversion en Turquie. En collaboration avec le conseiller agricole turc, Rauf Önal, il a initié les cultivateurs à la vie dans le sol, à la fabrication de compost biologique et à la protection naturelle des plantes. En juillet, Michael Straub est retourné à Isparta pour dispenser des formations de deux jours présentant certaines méthodes de façon plus détaillée. Peu après, les cultivateurs se sont mis au travail avec enthousiasme pour se perfectionner dans la culture biologique des roses.