• REACH est un projet de loi

    REACH est un projet de loi qui doit permettre l'identification et l'élimination progressive des produits chimiques les plus dangereux. Si cette loi est approuvée, elle sera d'application dans tous les pays de l'Union Européenne.

    REACH est l'acronyme pour Registration, Evaluation and Autorisation of Chemicals (enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques). Cela implique :

    Enregistrement

    Les producteurs devront transmettre à une agence centrale un dossier d'enregistrement pour les substances chimiques produites à plus d'une tonne par an. Le dossier devra contenir des données de sécurité sur le produit. Les données de sécurité requises seront proportionnelles aux volumes de production de la substance.

    Evaluation

    Des experts évalueront les données de sécurité pour les substances produites en grande quantité ou qui comportent un risque.

    Autorisation

    Les substances chimiques "extrêmement préoccupantes" seront progressivement éliminées et remplacées par d'autres produits plus sûrs, à moins que l'industrie ne puisse prouver qu'elle maintient les risques sous contrôle ou que ces substances aient un intérêt "socio-économique" supérieur aux risques.

    Les substances chimiques "extrêmement préoccupantes" sont :

    Les délais établis pour mettre en application REACH donneront à l'industrie plusieurs années pour fournir les données de sécurité, selon un ordre de priorité établi sur les propriétés chimiques et le tonnage du produit :

    • 3 ans : substances cancérigènes, mutagènes ou toxines nuisant au système reproducteur
    • 3 ans : substances produites en quantité supérieure à 1000 tonnes
    • 6 ans : substances produites en quantité de 100 à 1000 tonnes
    • 11 ans : substances produites en quantité de 1 à 100 tonnes

    REACH doit être renforcée

    Malgré le progrès que représente REACH, la loi ne va pas assez loin en ce qui concerne l'approche des substances jugées "extrêmement préoccupantes", puisqu'elle permet de continuer à utiliser ces produits même s'il existe des alternatives plus sûres.

     

     

     

  • L'Oréal et les produits chimiques toxiques : remballez !

    Des activistes bloquent l'accès au siège néerlandais de L'Oréal.

    Des activistes bloquent l'accès au siège néerlandais de L'Oréal.

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    Alphen aan de Rijn, Pays-bas — Le géant des cosmétiques refuse toujours de retirer de ses produits certaines substances chimiques dangereuses. Ce lundi 11 septembre, des militants de Greenpeace ont immobilisé tout travail à l’intérieur du siège néerlandais de L'Oréal à Alphen aan de Rijn (Pays-Bas) en bloquant son accès. Ils ont entouré la partie centrale du bâtiment d'énormes banderoles tandis que les portes ont été bloquées à l'aide de grillages auxquels les militants s'étaient enchaînés.

    Malgré les précédentes interpellations de Greenpeace, L'Oréal s’obstine dans son refus d’éliminer l’utilisation de certaines substances chimiques dangereuses. L'Oréal incorpore ainsi dans ses articles de cosmétologie des phtalates et des muscs synthétiques. Depuis la sortie de la version néerlandaise du guide Cosmétox en 2005, plus de 60 000 Néerlandais avaient exprimé par e-mail leurs préoccupations à L'Oréal.
     
    Afin d’expliquer les enjeux du futur règlement chimique européen, « Reach », Greenpeace avait démontré la présence de ces deux familles de substances dangereuses dans des milieux aussi différents que les poussières domestiques et l'eau de pluie, mais aussi dans le sang et le cordon ombilical. « Ces substances chimiques persistent dans l’environnement et s'accumulent dans les tissus adipeux. Toutes sont soupçonnées de présenter des propriétés de perturbations du système hormonal, une menace pour le développement futur de l’enfant. Le phtalate DEP, utilisé en grande quantité dans les parfums, est notamment suspecté de modifier l'ADN des cellules des spermatozoïdes » explique Bart Van Opzeeland, responsable de la Campagne Toxiques de Greenpeace Pays-Bas. Une étude menée par l'Hôpital académique de Groningen et le laboratoire TNO a démontré en 2005 la présence du DEP chez le fœtus alors que les animaux comme les humains absorbent ces substances chimiques par le biais des aliments, à travers la peau ou via la pollution de l'air ambiant.

    L’Oréal n’a pas d’excuses car des alternatives à ces substances sont déjà commercialement disponibles. « Toute société qui continue volontairement d’utiliser des substances dangereuses devrait se voir refuser l'accès à la vente. Des entreprises telles que Melvita, Puma ou L’Occitane ont déjà démontré que l’on pouvait se passer de telles substances chimiques dans la composition des produits de beauté » argumente Bart Van Opzeeland. « L’Oréal est le type même de la multinationale arrogante qui tire vers le bas les processus réglementaires et s’assoit sur le principe de précaution » renchérit Yannick Vicaire, responsable de la campagne Vigitox, « par exemple, l’incorporation de nanoparticules dans ses cosmétiques se fait au mépris de toute évaluation publique de ces technologies encore largement inconnues ». Après une journée de blocage, Greenpeace a dû quitter les lieux sous menace d’une astreinte de 10 000€ par heure. L’ONG est frappée d’une interdiction de s’approcher du siège social lors des trois prochains mois.

    Greenpeace en appelle au Parlement et au Conseil de l’UE pour définir une politique stricte quant à l'utilisation de substances chimiques dangereuses. Pour que « Reach » accomplisse son objectif d’élimination de la production et l'utilisation de substances toxiques, le texte réglementaire doit s’appuyer sur le principe de substitution et inciter l'industrie à recourir à des alternatives moins dangereuses.