• Les peintures à la loupe


    Gestes quotidiens

    Les peintures à la loupe

    Des peintures qu’il fait bon respirer. Rénover, entretenir, embellir sa maison n’est pas forcément une activité sans risque. En effet, parmi les 100 000 substances chimiques en libre circulation sur le marché, certaines sont clairement reconnues pour leur caractère dangereux sur la santé humaine et sur l’environnement ; toutefois les effets de la plupart ne sont même pas évalués ! Elles sont pourtant pour beaucoup responsables de la croissance d’affections telles que allergies, asthme et cancer… sans citer les conséquences de leur production et de leur élimination sur l’environnement. En cause notamment, les peintures. En optant pour des peintures naturelles, on limite grandement les dégâts. Ce mois-ci, Joëlle Van den Berg a fait part à Monde qui Bouge de son expérience en la matière.

    « Tout d’abord, avant de se lancer dans les travaux, et de porter son dévolu sur tel ou tel type de peintures (synthétiques ou naturelles), autant bien savoir de quoi chacune est composée.En gros, qu’il s’agisse de laque, vernis, lasure, badigeon, peinture pour murs, elles contiennent toujours :- un liant, ou base (résine), formant le film continu- un solvant assurant la fluidité et s’évaporant lors du séchage - des pigments apportant la couleur À ces composés de base s’ajoutent des additifs et des charges qui donnent à ces enduits un aspect particulier, satiné ou mat. On distingue différents types de peintures selon la provenance des composés et la nature du solvant de base :

    100 000 molécules chimiques industrielles sont en libre circulation dans nos produits de consommation sans évaluation de leur toxicité pour l'homme et l'environnement. D'autres sont reconnues dangereuses, cancérigènes ou toxiques pour la reproduction, mais rien n'empêche leur incorporation dans les produits de consommation.

    Des centaines de substances persistantes et bioaccumulables ont envahi l'environnement, la chaîne alimentaire et le corps humain.

    « Bon, vous devez être maintenant convaincu qu’on fait un sacré geste pour sa santé en évitant les peintures synthétiques. Reste encore à sauter le pas, à mettre dans la balance les avantages et les inconvénients de ces peintures naturelles, en fonction notamment du résultat qu’on veut obtenir. Voici, à mon avis, les avantages, puis les inconvénients de ce type de peinture.

    les « plus »

    • Outre l’impact sur la santé et l’environnement, les peintures naturelles sont de bonne qualité et ont un bon pouvoir couvrant.
    • Leur prix est généralement comparable aux peintures synthétiques de bonne qualité.
    • Elles sèchent en général moins vite que les peintures ou vernis classiques, mais imprègnent mieux le support.
    • Elles ne sont pas « lavables », mais elles sont perméables à la vapeur d’eau (elles « respirent » ) rendant leur utilisation également intéressante en salle de bain, cuisine…
    • Elles sont biodégradables

    Les « moins »

    • L’application n’est peut-être pas toujours aussi performante.
    • La palette des teintes est moins étendue (certains consommateurs ajouteront un pigment artificiel pour obtenir la teinte de leur choix…). »


    Pour finir, voici mes conseils pour utiliser au mieux les peintures naturelles :

    - Lire l’étiquette. Forts de ces informations et de celles que vous irez éventuellement encore chercher (voir références en bas d’article), la première étape lors du choix d’une peinture sera de lire l’étiquette et de forger votre opinion selon vos critères ! Si celle-ci ne contient pas les informations suffisantes, adressez-vous au vendeur (voir également le site de Greenpeace www.vigitox.org sur l’exposition aux substances chimiques).

    - Pour la santé et l’environnement, prendre quelques précautions :

    • Évaluez au mieux la quantité afin d’éviter les surplus encombrants
    • Aérez lors de l’application et les jours qui suivent
    • Préférez pinceaux, brosses, rouleaux, aux bombes et pistolets (la pulvérisation gaspille et le fin brouillard engendré se dépose partout, notamment sur la peau, dans les bronches…)
    • Écartez enfants et animaux, protégez la nourriture
    • Nettoyez les pinceaux dans un vieux récipient et récupérez les solvants dans un flacon fermé…
    • Confiez les solvants et fonds de peintures restants aux petits déchets chimiques, car ils sont toxiques.

    Pour en savoir plus

    Des organismes pour s’informer

    - Réseau Eco-consommation, 29 rue de Montigny à 6000 Charleroi. Tél. 071/300 301 - ee.ecoconso@ecoline.org. - www.ecoconso.org : infos pratiques, fiches conseils et adresses utiles.

    - Nature & Progrès, 520 rue de Dave à 5100 Jambes. Tél. 081/32 30 54 - natpro-bioconstruct@skynet.be - www.natpro.be : conseils techniques et adresses utiles (Biottin), permanence en bioconstruction le Ve de 9h30 à 12h30.

    Des livres-guides et brochures

    - « La Terre est notre maison, construire, rénover, habiter en respectant l’Homme et l’environnement », F. Jadoul, Editions Luc Pire et Réseau Eco-consommation, 210 p., 2002. Guide complet et pratique. 23 € + frais d’envoi (associations, enseignants et étudiants: 15 € + frais d’envoi)

    - « Les clés de la maison écologique », Terre vivante, 2002. Guide technique avec recettes de peintures « à faire soi-même », 158 p., 2002. 14 €

    D’autres sites internet

    www.vigitox.org : le site de Greenpeace sur l’exposition aux substances chimiques

    http://www.ful.ac.be/hotes/sandrine : site sur les pollutions intérieures
  • Limace & jardin Bio

    Limace & jardin Bio

    Pour cohabiter harmonieusement avec les limaces, il faut connaître et comprendre ces animaux. Lorsque vous arriverez à penser comme une limace, vous comprendrez bien mieux comment elle agit et pourrez jardiner en conséquence, sans provoquer de catastrophe écologique dans votre jardin ni avoir à subir de dégats dans vos semis.
    Les explications ci-dessous conviennent parfaitement pour les limaces du jardin de l'auteur. Certaines peuvent être moins pertinentes en un autre endroit. Il vous faudra alors les compléter par l'analyse de l'observation des limaces de votre jardin, car il y a des variations liées aux nombreuses espèces, au milieu et aux habitudes et préférences individuelles ou collectives de ces animaux.

    1. Connaître les limaces
    Les limaces sont des mollusques gastéropodes terrestres. Il y a de nombreuses espèces de limaces, certaines atteignent presque 20 cm de long, d'autres ne dépassent pas quelques mm. Elles sont cousines des escargots, mais leur absence de coquille externe les oblige à rechercher l'humidité et à se protéger des rayons du soleil et donc limite leur activité aux nuits et aux jours humides. Elle entraîne aussi une moins bonne efficacité énergétique, d'où un gros appétit, supérieur à celui de l'escargot qui peut rester des mois sans manger. En période de sécheresse, les limaces s'enterrent ou se cachent sous des pierres ou des morceaux de bois ou des amas végétaux. D'autre part, les limaces ont une morphologie de la bouche qui ne leur permet pas de manger des nourritures trop dures. En conséquence, elles recherchent avant tout des feuilles tendres, comme celles par ex. des semis, ainsi que des végétaux en décomposition et gorgés d'eau. L'absence de coquille externe oblige les limaces à produire un abondant mucus qui protège leur corps et le maintient humide. Le mucus étant moins efficace qu'une coquille, les limaces craignent ce qui pique (chardons, ronces, rosiers, coquilles d'œufs pilées…) et préfèrent évoluer en terrain lisse (dalles, bitume, galets ronds…). D'autant plus que leur corps, pourtant mou, n'est pas d'une grande souplesse : il n'autorise pas les mouvements de grande amplitude. Elles évitent aussi les matériaux secs et fins (cendres, sciure…), qui se collent à elle.
    La limace a de nombreux prédateurs : crapauds, orvets, lézards, musaraignes, blaireau, taupes, divers scarabées, merles, corbeaux, corneille, pies, mésanges, poules, canards, renard… Elle souffre aussi de maladies et de parasites, qui profitent de son absence de coquille.

  • La vérité sur le bio

    L'alimentation bio


      La vérité sur le bio  

    • Qu'est-ce qu'un produit bio?
      Un aliment biologique a été fabriqué dans le respect de l'environnement. Son mode de production se traduit par l'absence de produit chimiques de synthèse, l'emploi d'engrais vert, le recyclage des matières organiques naturelles,la rotation des cultures et l'utilisation limitée d'additifs au profit d'éléments naturels. Il est par ailleurs garanti sans OGM (organismes génétiquements modifiés).
    • Comment reconnaître un produit bio?
      Un aliment composé de 95 % d'ingrédients bio se reconnaît à son label AB (Agriculture Biologique). En dessous, et jusqu'à 70 %, il porte la mention : "X % des ingrédients obtenus selon les règles de la production biologique". En deçà de 70 % de constituants biologiques, il n'est pas considéré comme bio.
    • Le bio est-il meilleur pour la santé?
      La polémique sue le sujet vient d'être close par les études du professeur Henri Joyeux de la Fac de médecine de Montpellier qui a comparé les régimes alimentaires de personnes mangeant bio et non bio pour examiner l'incidence de l'alimentation sur l'apparition des cancers. Ces résultats démontrent sans contestation possible, que manger bio est bon pour la santé.
    • Le bio est-il plus cher?
      L'alimentation biologique coûte 20 à 30 % de plus que l'alimentation conventionnelle. Ces prix se justifient par la qualité des semances utilisées et l'existance d'une main d'oeuvre plus nombreuse. On peut néanmoins réduire considérablement ce coût en ne consommant que des produits de saison et de proximité, et en substituant aux protéines animales des protéines d'origine végétale.
    • Peut-on manger "sain" sans manger "bio"?
      Oui. La chambre d'agriculture de l'Isère travaille dans ce sens. Elle a élaboré un cahier des charges strict, qui garantit à la fois la qualité et la traçabilité des produits locaux.
    • La progression du marché bio est-elle réellement sensible?
      Oui, l'attrait des consommateurs français pour le bio ne fait que s'accentuer. 42 % d'entre eux affirment avoir goûté un produit bio en 1999, alors qu'ils n'étaient que 38 % l'année précédente. En 1999, les achats bio ont d'ailleurs atteint en France 6 milliards de francs. Mais la percée la plus spectaculaire concerne l'alimentation pour bébé, qui a augmenté de plus de 300 % en deux ans.




      Mettre en place un jardin bio  

    Des milions de jardiniers en France, chacun à son niveau peut avoir un impact plus ou moins négatif sur l'environnement. En effet, les particuliers polluent en général plus que les agriculteurs. Or avec un potager bio, on peut se régaler de légumes sans nitrates ou pesticides. Le jardin devient alors un petit coin de nature accueillant pour les personnes et les animaux.

    • Composter ses déchets pour fertiliser ses plantations!
      Vos déchets organiques de la cuisine et toutes autres matières organiques peuvent devenir du compost. Entreposé dans un coin et retourné régulièrement, ce mélange sera "digéré" par les êtres vivants du sol. Placé dans le jardin, cet or "vert" est la clé de la fertilité de vos terres.
    • Cultiver ses engrais et fortifier ses plantations
      En semant des engrais verts (phacélie, vesce, moutarde, seigle...) dans un coin du jardin, votre sol sera couvert, protégé et cela le nourrira une fois ces plantes enfouies.
      L'ortie est l'une des plantes préférée du jardinier bio : on peut l'utiliser en couverture du sol ou dans le compost, mais elle est particulièrement précieuse après macération : le purin obtenu est un répulsif des pucerons et bon fertilisant foliaire.
    • Eviter l'utilisation de produits chimiques
    • Désherber sans désherbant
      Décourager les mauvaises herbes : couvrir le sol avec une matière végétale, associer légumes à croissance rapide et à croissance lente, ne pas laisser grainer...
      Biner et sarcler au bon moment.
      Désherber par chaleur en utilisant un brûleur à gaz.
    • Utiliser des variétés anciennes
      Les espèces fruitières ont été sélectionnées au cours des âges à partir de types "sauvages". Cette domestication a abouti à des variétés adaptées.
    • Récupérer l'eau de pluie
      En se raccordant aux descentes d'eau de votre habitation, il est possible de collecter des quantités impressionnantes d'eau de pluie, la meilleure qui soit pour l'arrosage des cultures.
      Cette eau, utilisée pour favoriser l'infiltration et éviter trop d'évaporation, pourra ainsi servir au mieux les plantations.

     

  • La bio industrielle

    La bio industrielle


    Tout ce processus peut être appliqué dans une certaine mesure en agriculture biologique. Il y a moyen de faire de la production végétale en utilisant uniquement des fientes de poules qui ne sont pas produites dans la ferme, d’avoir donc des grandes surfaces, avec peu d’animaux et de travailler sur le modèle industriel. Il y a moyen également de produire des poules biologiques sur un modèle industriel où la même entreprise est responsable de la production des aliments, de la fourniture des aliments aux éleveurs et de la commercialisation des oeufs. Toute la chaîne appartient à un seul groupe et on travaille à grande échelle. Ce sont toutes les dérives vers lesquelles la bio peut aller, vers lesquelles certaines formes vont pour l’instant. Il y a un cercle vicieux qui est difficile à casser: le consommateur bio dit que les produits sont chers, donc il n’en prend pas, et le producteur bio ne trouve pas de débouchés. Il faut arriver à baisser les prix, mais dans une mesure qui permette quand même encore aux agriculteurs de fonctionner.
    Et donc, ce que certains font, c’est évoluer vers le modèle industriel. C’est normal que s’il y a une demande pour des produits bon marché que des gens se disent “on va faire des produits bon marché”. Cela pose des problèmes dans les milieux bio puisqu’il y a des agriculteurs pionniers qui ont développé des marchés, qui ont fait de la vente directe, qui ont commercialisé avec des coopératives ou sur des marchés, etc. qui sont arrivés à un certain équilibre entre le temps qu’ils consacrent à leur entreprise et le prix qu’ils ont pour leurs produits, et puis il y a cette bio industrielle qui, à terme, risque aussi de vider les campagnes, de diminuer la population agricole et la qualité des aliments. Cette bio industrielle avance, et elle prend les parts de marché des agriculteurs qui fonctionnaient...

    Mais ce sont des produits qui du point de vue de l’analyse restent biologiques?

    Oui.

    Qu’est-ce qui est mauvais?


    C’est que le modèle ne peut pas être généralisé sans que l’on ne poursuive l’exode rural.

    Donc, ca a tout de même un aspect positif, c’est que cela peut donner un accès à un plus grand nombre de gens à des produits biologiques plutôt que de les réserver à une élite par leur prix. C’est quand même aussi quelque chose d’important?

    C’est là qu’il faut arriver à trouver le juste équilibre. Si on est repartis dans une spirale où les distributeurs disent “on travaille à tel prix”, on arrive à ce que quelques agriculteurs s’organisent pour boucler leurs fins de mois selon ce mode-là. Ils ont développé un marché et les producteurs sont captifs. La pression sur les prix va de nouveau jouer et ... l’agriculteur au bout du compte est souvent le dindon de la farce. Quand il n’y a pas un équilibre entre le producteur et le distributeur.

    CVN C’est comme ça aussi dans l’agriculture traditionnelle

    C’est vrai dans les deux modes de production, mais plus le circuit se rallonge, au plus ça s’industrialise, ça devient anonyme, au moins le consommateur est enclin à comprendre ou a admettre que son aliment a plus de valeur, qu’il est prêt à payer. Si les circuits se rallongent, l’agriculteur n’aura plus la même possibilité d’expliquer ou de faire comprendre au consommateur en quoi un aliment biologique a plus de valeur qu’un aliment conventionnel.

    Qualité sociale

    Au niveau de la production biologique, il y a l’aspect qualité globale qui est important. Il y a la qualité en termes de résidus, qualité diététique, il y a également - au niveau de “Nature et progrès”, c’est dans ce sens là que vont nos réflexions - l’aspect qualité sociale qui est important.
    Si pour permettre au plus grand nombre d’accéder aux produits bio il faut accepter que des producteurs partent au chômage, que les campagnes se vident, et s’il faut favoriser de grosses structures créées par des capitaux importants, qui proviennent notamment - et ça existe déjà actuellement - des secteurs de l’agrochimie, là on se pose des questions. Toute la problématique de l’industrialisation peut se poser dans nos sociétés. On constate qu’on va vers un nombre d’emplois toujours moins important par l’augmentation des économies d’échelle, la rationalisation à tous niveaux. Est-ce que la production agricole peut suivre ce même schéma sachant qu’une de ses fonctions c’est d’occuper le territoire de manière décentralisée?

    Impossibilité technique

    Jusqu’à un certain niveau, c’est bien de rationaliser, d’avoir des unités de production qui sont économiquement rentables, mais, à partir d’un certain point, on est en déséquilibre chronique, et le recours à des méthodes classiques pour soigner les animaux qui sont malades devient obligatoire.

    En agriculture biologique, en ce qui concerne l’élevage biologique plus précisément, on préconise d’avoir d’abord recours à des méthodes de prévention des maladies par rotation des pâturages, et des parcours, en ayant des bâtiments qui soient suffisamment bien adaptés aux exigences naturelles des bêtes (elles ont besoin d’un minimum de superficie, d’une atmosphère suffisamment saine et non chargée de gaz d’ammoniac (issus de leurs déjections), de suffisamment de lumière). A partir du moment où on a une surconcentration d’animaux, même en élevage biologique on sera obligé - la plupart du temps - d’avoir recours à des médicaments vétérinaires conventionnels pour venir à bout de toute une série de maladies liées à une surdensité de bétail.

    Une des règles de l’agriculture biologique, c’est d’avoir un nombre d’hectares et un nombre d’animaux par Ha défini avec un maximum qui permet d’absorber la matière organique sans qu’elle ne devienne polluante, et qui permette d’organiser des parcours variés pour inhiber les cycles parasitaires (qui se trouvent dans le sol à certaines phases de leur développement). Si ce n’est pas possible - et plus il y a d’animaux plus la superficie nécessaire est importante - le recours à des vermifuges devient inévitable.

    On constate actuellement qu’en élevage biologique il n’existe pas encore de réglementation européenne, donc pour le moment on voit des élevages industriels qui apparaissent et ça nous paraît l’indice d’une certaine dérive de l’agriculture biologique dans ses principes fondamentaux.

  • biogarantie

    Extrait du site http://www.biogarantie.be

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    - PROBILA-UNITRAB®
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    Contact : Hugo Baert
    Biogarantie
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    Leuvensebaan 368
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    Mai 2005

    BioGarantie (http://www.biogarantie.be)
    | un site web bien à vous(http://www.bienavous.be)
  • Une multinationale qui pompe même les usagers de l eau

    Veolia, ex-Vivendi, l'une des trois grandes entreprises françaises de l'eau dans le monde.
    Une multinationale qui pompe même les usagers

    En France, le groupe Vivendi environnement fait l'objet de nouvelles accusations pour surfacturation et détournement de fonds. Une demande de la Commission d'enquête parlementaire vient d'être déposée pour retrouver la trace de 4,5 milliards d'euros. Cette somme, qui correspond à plusieurs décennies de provisions publiques destinées au renouvellement des installations nationales de distribution d'eau, aurait été «placée à l'étranger» dans un paradis fiscal. Entre-temps, le pactole a fondu. Les dirigeants de la multinationale française s'en expliqueront devant le Tribunal. Première audience aujourd'hui.

    «Nous sommes ici pour tenter de comprendre où sont passés les milliards d'euros placés par Vivendi sur un compte offshore irlandais.» C'est un bien singulier colloque qui se déroule à Paris, dans une salle de l'Assemblée nationale. Intitulé «L'eau, bien commun ou rente captive pour les multinationales», il a été organisé la semaine dernière à la suite d'une demande de la Commission d'enquête parlementaire «sur la disparition de 4,5 milliards d'euros des provisions de renouvellement des huit mille contrats d'eau et d'assainissement gérés par Vivendi pour le compte des collectivités territoriales». Assis à la même table, Danièle Mitterrand, fondatrice de l'Association pour un contrat mondial de l'eau (ACME), et le député des Verts Noël Mamère rappellent le programme de la journée. Dénoncer la marchandisation croissante de «l'or bleu». Passer en revue les pratiques abusives des trois multinationales françaises dans le monde: Veolia environnement (ex-Vivendi), Suez-Lyonnaise des eaux, et Saur-Bouygues. Et, surtout, tirer au clair les histoires de détournement de fonds, l'opacité des comptes ou les méthodes anticoncurrentielles qui ruinent aujourd'hui la crédibilité des sociétés françaises sur leur propre territoire.
    Sur ce point, l'accusation que Vivendi traîne aujourd'hui comme une casserole mérite qu'on s'y attarde. La direction de l'ancien PDG Jean-Marie Messier est accusée d'avoir détourné plusieurs milliards versés jusqu'en 1996 par les usagers pour l'entretien des réseaux de distribution d'eau de l'Hexagone, pour les faire tranquillement fructifier dans un paradis fiscal.


    UN VÉRITABLE TRÉSOR

    «En 1996, ces provisions constituées durant des décennies en prélevant quelques francs sur chacune de nos factures représentaient la coquette somme de 27 milliards de francs (environ 6 milliards de francs suisses, ndlr). Un véritable trésor qui aurait dû servir à entretenir et remettre à neuf tout le réseau des Français», s'insurgent Roger Lenglet, journaliste d'investigation, et Jean-Luc Touly, agent de maîtrise administratif à la Générale des eaux, coauteurs d'un réquisitoire baptisé L'eau de Vivendi, les vérités inavouables (lire encadré).
    On y apprend, par exemple, que les fonds «ont tout simplement été regroupés au sein d'une société, la General Re Financial Products, dont le siège est curieusement fixé en Irlande, petit paradis fiscal dont on ne parle jamais. Il s'agit officiellement d'une société de réassurance».
    Le seul fait d'avoir ainsi transféré l'argent public à une société financière à l'étranger est déjà «choquant», conviennent les parlementaires français. Mais le pire, c'est qu'entre-temps, une partie de la cagnotte irlandaise a fondu. Le PDG et créateur du groupe Vivendi, Jean-Marie Messier, aurait «copieusement pioché dans ce trésor pour non seulement éponger les dettes du groupe, mais aussi soutenir ses investissements dans la communication», expliquent Jean-Luc Touly et Roger Lenglet.


    QUI PASSERA À LA CAISSE?

    La Commission générale des finances et de l'économie générale de l'Assemblée nationale a bien convoqué, le 26 septembre 2002, le successeur de Jean-Marie Messier, Jean-René Fourtou, afin de demander des explications. M. Espinasse, le rassurant directeur financier de Vivendi, affirmait que le transfert en question ne portait «que» sur un montant de 1milliard d'euros. «Les engagements seront tenus et les provisions reconstituées», ont ajouté en substance les responsables. Sans préciser sur quels fonds.
    Car, qui passera à la caisse? Les usagers? La question à 4,5 milliards à été une nouvelle fois posée le 20 janvier dernier devant l'Assemblée nationale. Et éludée par le ministère de Roselyne Bachelot. Elle sera encore d'actualité ces prochaines semaines: Veolia environnement (ex-Vivendi) a porté plainte contre les auteurs et l'éditeur de L'eau de Vivendi, les vérités inavouables pour «diffamation».
    «Veolia exige la suppression d'un certain nombre de passages de notre livre, notamment ceux qui évoquent trop directement les grosses sommes, la corruption ou les pots-de-vin versés pour décrocher des marchés régionaux», explique Roger Lenglet. Le procès aura donc lieu devant la 17e Chambre correctionnelle de Paris. La première audience de conciliation est prévue aujourd'hui.
    «Il s'agira de mettre en place les premiers éléments de réponses et de témoignages. Le procès ne s'ouvrira réellement qu'en septembre 2004. Ce sera une belle occasion de déballer les affaires de Vivendi sur la place publique et de crever l'abcès», complète Roger Lenglet, qui poursuit ses investigations sur les mouvements de fonds opérés par Vivendi vers l'étranger pour étayer son dossier.
    Pour l'heure, le mystère du compte irlandais reste entier. «Dans un premier temps, certaines sommes auraient été rapatriées ou versées sur d'autres comptes offshore. On ne sait pas exactement à quoi l'argent a servi.» Pour le journaliste d'investigation, la possibilité qu'il y ait des comptes en Suisse n'est pas à exclure. L'affaire des 4,5 milliards de Vivendi recèle de toute manière une dimension internationale: «Elle concerne toutes les nations qui se soucient de ce que l'on fait de l'argent des usagers», conclut Roger Lenglet. A un autre niveau, plusieurs magistrats importants s'intéressent déjà à ce nouveau cas, qui déborde allègrement les frontières.

     

     

    article
    «L'eau de Vivendi, les vérités inavouables»

       GLe   

     

     

    Le journaliste d'investigation Roger Lenglet connaît bien l'univers du lobbying. Jean-Luc Touly est agent de maîtrise administratif à la Compagnie générale des eaux (CGE)-Vivendi depuis vingt-sept ans. Indignés par «des rapports confidentiels montrant comment on siphonne, via les factures d'eau, l'argent des Parisiens et des habitants d'Ile-de-France à leur insu», ils ont choisi de mettre sur le tapis une poignée d'audits restés confidentiels et des études publiques menées depuis dix ans sur le très discret marché de l'eau en France. Un marché opaque, dominé par le cartel Vivendi environnement (aujourd'hui Veolia environnement), la Lyonnaise des eaux (groupe Suez) et Saur (groupe Bouygues).
    Les auteurs rappellent les révélations concernant certains financements politiques par les multinationales françaises de l'eau: le RPR de Jacques Chirac et Jean-Claude Méry pour un marché accordé par la Ville de Paris, Michel Noir pour l'obtention de concessions à Lyon, Alain Carignon pour Grenoble... Ils évoquent aussi d'autres procédés douteux. «Inégalités de facturation», «augmentations et marges de bénéfices abusives», «partenaires privés échappant à tout contrôle», «frais administratifs surévalués» figurent pourtant parmi les griefs officiellement retenus contre les fournisseurs d'eau.
    En moins de deux cents pages, L'eau de Vivendi, les vérités inavouables se présente comme «un ouvrage pour apprendre à résister et à lutter contre le commerce éhonté de l'eau». Un avertissement clair contre les agissements des trois fleurons de l'industrie française, qui cultivent une image polie grâce à la distribution de l'eau – ressource si transparente et essentielle – tout en faisant main basse sur la gestion et les marchés privatisés dans une centaine de pays.