• BRUIT : BRISONS LE SILENCE

     

     




     


    BRUIT : BRISONS LE SILENCE

     

     

    IL N'Y A PAS SI longtemps, celui qui osait se plaindre du bruit des autres passait pour un mauvais coucheur. Le brouhaha de la terrasse du café voisin s'invitait chez lui? Il n'avait qu'à fermer ses fenêtres. Les aboiements des chiens du quartier lui empoisonnaient ses nuits? Il n'avait qu'à investir dans des boules Quies. La proximité de l'aéroport condamnait son jardin ? Il n'avait qu'à déménager... « Les mentalités sont en train de changer, se félicite Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de l'Essonne et présidente du groupe d'études Santé et envi­ronnement de l'Assemblée nationale. Le bruit ne relève plus seulement d'un simple problème de voisinage ou de confort, mais s'affirme comme un vrai polluant, au même titre que les pesticides ou les dioxines. Et pour cause : de plus en plus d'études mettent en évidence la di­mension médicale du bruit, jusque-là ignorée. »

    BATTEMENTS DE CŒUR

    Aux récentes Ve* Rencontres parlementaires, présidées par cette députée énergique, le Pr Alain Grimfeld soulignait la « multiplication préoccupante du nombre de cas de surdité pré­coce chez les jeunes. Surdité que l'on ne dia­gnostiquait autrefois que dans les milieux pro­fessionnels très exposés aux nuisances sonores ». Comme quoi la musique poussée à plein volume n'adoucit pas les mœurs mais pro­voque une destruction définitive des cellules de l'oreille interne... Les professeurs, eux, constatent à quel point les élèves confinés dans des classes mal insonorisées ont des difficul­tés de concentration, sont plus agités, agres­sifs, accusent des retards d'apprentissage... Quant à la cantine, avec sa moyenne de 70 dé­cibels, elle peut être comparée à une menui­serie industrielle. Après une demi-heure à ce régime, il faut compter une heure pour qu'un en­fant récupère un rythme cardiaque normal. Ré-


     

    pété quatre ou cinq fois par semaine, pendant plusieurs années, un tel stress ne laissera-t-il au­cune trace? La nuit, pas question de faire comme si le bruit n'existait pas. Il provoque des réveils nocturnes, perturbe la structure du som­meil, modifie le comportement, accentue l'état de stress et malmène le système cardio-vas-culaire. Même si l'on se croit imperméable aux rumeurs qui montent de la rue ou aux ronfle­ments, la qualité du repos n'est pas la même que si le silence régnait. À la longue, le sommeil s'améliore, certes, mais jamais complètement. En outre, et c'est ce qui inquiète des spécialistes comme le D Alain Muzet, directeur de recherche au CNRS, « les réactions cardio-vasculaires, elles, ne s'y habituent pas du tout. Impossible de prévoir les effets à long terme ».

    LES UNS ET LES AUTRES

    Vaut-il mieux travailler dans un bureau perpé­tuellement animé (environ 65 décibels) ou dans un atelier où le niveau sonore fluctue, passant de 45 décibels (très calme) à 80 décibels (très bruyant)? Sans hésitation : dans le premier, car rien n'est plus stressant qu'une augmentation brutale du volume. « Le bruit doit toujours être envisagé sous ses deux composantes insépa­rables : d'une part, le phénomène physique, d'autre part, l'interprétation qu'en fait le cer­veau, explique le D'Philippe Ritter, directeur du département de l'écologie urbaine de la ville de

    LE BRUIT EN CHIFFRES

       54 % des populations
    urbaines en souffrent ;

       il est la première cause
    de déménagement

    en Île-de-France;

       3 millions de personnes y sont
    exposées dans leur travail ;

       dans 45 % des classes,
    les élèves sont soumis

    à une ambiance sonore dépassant 55 décibels, seuil jugé maximal;


     

    Lyon. Ainsi, dans une fête foraine, ce n'est pas le fracas des autos tamponneuses qui gêne le plus les riverains, mais les cris d'horreur pous­sés par les passagers des balançoires quand ils ont la tête en bas! Ils traduisent une situation de danger qui fait monter la pression artérielle et provoque une accélération cardiaque. » Une étude originale a d'ailleurs été conduite dans sa ville, qui enregistre près de six fois plus de plaintes qu'à la fin des années 70. Résultat : ce sont les sports et les loisirs - dont les disco­thèques... - qui suscitent 42 % des méconten­tements ! « Les sources de bruit sont effective­ment plus nombreuses (terrasses, boîtes qui ouvrent plus tôt et qui ferment plus tard...), mais on remarque que les populations elles-mêmes y sont devenues plus sensibles. » Reste le sentiment, largement répandu, qu'on est bien mal aidé quand on souffre du bruit. « La réglementation et la législation existent, ce sont les moyens de les faire appliquer qui font défaut, regrette Nathalie Kosciusko-Morizet. Pour la police et la gendarmerie, les plaintes concernant le bruit ne sont pas prioritaires. Peut-être faudrait-il prendre exemple sur le sys­tème mis en place à Cannes. Le député maire de la ville a non seulement fait voter une série d'arrêtés municipaux réglementant le bruit - as­sortis d'amendes élevées -, mais il a aussi constitué une police municipale de l'environ­nement chargée de les faire appliquer ». •

    le tapage nocturne en représente à lui seul près de la moitié, talonné par la pétarade des cyclomoteurs ; • le CIDB (Centre d'information et de documentation sur le bruit) répond chaque année à 12 000 demandes d'aide ou de conseil par téléphone (01.47.64.64.64).-son site (www.infobruit.org) est consulté 25 000 fois par mois.

     


    TERRASSES DE CAFÉ, POUBELLES,

    SCOOTERS, WALKMAN ET TUTTI

    QUANTI : LE BRUIT NOUS GÊNE ET

    PEUT MÊME NOUS RENDRE MALADES.

    APRÈS LE TABAC, L'OBÉSITÉ, L'IVRESSE

    AU VOLANT..., À QUAND UNE

    CAMPAGNE NATIONALE CONTRE

     

    LE BRUIT?

     
     

     


  • adieu St Nicolas


  • Noël 2005


  • la pédagogie Steiner-Waldorf

    Exposition au parlement européen


     Une exposition sur la pédagogie Steiner-Waldorf a été présentée dans les locaux du parlement européen à Bruxelles. Cette présentation à été possible grâce au soutien d'un député européen norvègien.

    Cette très belle et très complète exposition itinérante est le fruit du travail d'un architecte norvégien et de son équipe. Elle n'a pu échapper à aucun des parlementaires présents cette semaine là.

    De nombreux contacts ont pu avoir lieu entre les représentants des écoles Waldorf et des personnalités du monde politique. Il est certain qu'un tel événement exceptionnel a contribué à améliorer la crédibilité, la compréhension du mouvement des écoles Waldorf en Europe. Gageons que cela aura également et surtout des effets dans les pays francophones, notamment la France, où la pédagogie Steiner éprouve bien des difficultés à s'implanter ou tout simplement à survivre.

    F. Duquesne


  •  joyeuses fêtes



  •  Saint Nicolas - 6 décembre

     

    Saint Nicolas - 6 décembre

    Saint Nicolas est le patron des écoliers pour avoir ressuscité trois petits enfants qu'un charcutier peu scrupuleux avait transformés en chair à saucisse. C'est le Père Noël des enfants belges (ce qui ne les empêche pas de recevoir AUSSI des cadeaux à Noël). Dans les villes universitaires, les étudiants désertent les salles de cours et se rassemblent pour défiler, chanter et boire jusqu'à plus soif. Cette "guindaille" (ce qui signifie en gros "beuverie estudiantine") est en partie financée par une collecte que les étudiants effectuent dès le levé du jour, une chope à la main. Traditionnellement, les bourgeois récalcitrants à verser leur contribution sont aspergés de farine et bombardés d'oeufs. Cette dernière tradition tend à s'estomper, mais on vous aura prévenu!



  • bonnes fêtes


  • La petite fille aux allumettes

    La petite fille aux allumettes
    Conte d'Andersen

    Il faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le soir approchait, le soir du dernier jour de l'année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue: elle n'avait rien sur la tête, elle était pieds nus. Lorsqu'elle était sortie de chez elle le matin, elle avait eu de vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu'elle eut à se sauver devant une file de voitures; les voitures passées, elle chercha après ses chaussures; un méchant gamin s'enfuyait emportant en riant l'une des pantoufles; l'autre avait été entièrement écrasée.

    Voilà la malheureuse enfant n'ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits petons. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes: elle en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé; par cet affreux temps, personne ne s'arrêtait pour considérer l'air suppliant de la petite qui faisait pitié. La journée finissait, et elle n'avait pas encore vendu un seul paquet d'allumettes. Tremblante de froid et de faim, elle se traînait de rue en rue.

    Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières: de presque toutes les maisons sortait une délicieuse odeur, celle de l'oie, qu'on rôtissait pour le festin du soir: c'était la Saint-Sylvestre. Cela, oui, cela lui faisait arrêter ses pas errants.

    Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d'allumettes, l'enfant aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l'une dépassait un peu l'autre. Harassée, elle s'y assied et s'y blottit, tirant à elle ses petits pieds: mais elle grelotte et frissonne encore plus qu'avant et cependant elle n'ose rentrer chez elle. Elle n'y rapporterait pas la plus petite monnaie, et son père la battrait.
    L'enfant avait ses petites menottes toutes transies. «Si je prenais une allumette, se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts? » C'est ce qu'elle fit. Quelle flamme merveilleuse c'était! Il sembla tout à coup à la petite fille qu'elle se trouvait devant un grand poêle en fonte, décoré d'ornements en cuivre. La petite allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la petite flamme s'éteignit brusquement: le poêle disparut, et l'enfant restait là, tenant en main un petit morceau de bois à moitié brûlé.

    Elle frotta une seconde allumette: la lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise: elle était couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s'étalait une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes: et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant la pauvre petite. Et puis plus rien: la flamme s'éteint.

    L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs: de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main pour saisir la moins belle: l'allumette s'éteint. L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles: il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une trainée de feu.
    «Voilà quelqu'un qui va mourir » se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l'avait aimée et chérie, et qui était morte il n'y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu'on voit une étoile qui file, d'un autre côté une âme monte vers le paradis. Elle frotta encore une allumette: une grande clarté se répandit et, devant l'enfant, se tenait la vieille grand-mère.

    - Grand-mère, s'écria la petite, grand-mère, emmène-moi. Oh! tu vas me quitter quand l'allumette sera éteinte: tu t'évanouiras comme le poêle si chaud, le superbe rôti d'oie, le splendide arbre de Noël. Reste, je te prie, ou emporte-moi.

    Et l'enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le paquet, pour voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n'y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin: c'était devant le trône de Dieu.
    Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l'encoignure le corps de la petite ; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire ; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d'autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d'un paquet d'allumettes.

    - Quelle sottise ! dit un sans-coeur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ? D'autres versèrent des larmes sur l'enfant; c'est qu'ils ne savaient pas toutes les belles choses qu'elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c'est qu'ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité.